X Men 3 L’affrontement final (2006)

De Brett Ratner. Voilà pour moi l’exemple parfait d’un blockbuster réussi qui a su allier grand spectacle et discours intelligent. On retrouve en effet tout ce qui fait l’intérêt de cette histoire d’X Men : l’interrogation sur ce qui constitue la différence et sur la manière dont l’humain peut la percevoir et la gérer, une réflexion en conséquence sur les notions d’altérité, d’identité sociale et de normalité.

X Men 3 L’affrontement final, un blockbuster réussi

Ici, le film fonctionne et se structure pleinement autour de la figure du double et de la gémellité. L’humanité d’abord est scindée en deux : d’un côté les mutants (qui restent pour une part humains), de l’autre l’humain bien évidemment. La dualité se transpose également à l’intérieur du groupe : d’un côté les mutants qui souhaitent s’intégrer, de l’autre, les mutants en rébellion d’où les figures parallèles de Magneto et de Xavier. Notons d’ailleurs que l’opposition est aussi une question de nomination : le mutant est double, son nom l’est également. Or, Xavier conserve son nom humain tandis que Mécano préfère son nom mutant : le nom est ce qui définit ici non seulement l’identité mais également l’appartenance au groupe que l’on choisit (voire la réplique de Malicia à Wolverine). De même, certains mutants forment soit des couples antithétiques (l’exemple le plus probant est l’opposition du feu -Pyro- et du froid -Iceman- alors que d’autres, bien que pourvus d’un pouvoir différent possède une fonction identique : voir l’exemple du Fléau et de la passe muraille (dont j’ai oublié le nom, pardonnez-moi). Or cette dualité se déplace dans le film à l’intérieur du personnage de Jean : elle est désormais ange et démon, voilà pourquoi elle en devient le véritable enjeu.

X Men 3, Dialogue et actions bien dosés

Autre remarque: la série cinématographique X Men me semble hantée par le souvenir de la Shoah : je rappelle que le premier volet s’ouvre sur la libération d’un camp d’extermination et qu’assez tôt dans ce dernier volet, Magneto montre le tatouage reçu à Auschwitz. Les mots de génocide, d’extermination peuvent faciliter cette lecture d’autant plus qu’on peut lire en creux un questionnement sur les légitimités des lignes de partage que l’on peut faire à l’intérieur d’une même espèce (je rappelle que le mutant est né de parents humains et ne l’est sans doute que par un hasard génétique…).

Ce dernier opus est pour moi le meilleur de la série grâce à un savant dosage entre moments de dialogues qui problématisent l’enjeu du film et scènes d’action souvent époustoufflantes (contrairement au second opus dont le final avait franchement de quoi lasser!). La multiplicité des pouvoirs et de leur manifestation procure aussi un vrai plaisir ludique. Un bon film, à conseiller donc!

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