Wallace et Gromit, le mystère du lapin-garou (2005)

De Nick Park et Steve Box. Faut-il encore prendre la peine de commenter le travail de Nick Park tant son simple nom est gage de qualité et assurance d’un bon moment à passer (vous me direz, on croyait dire la même chose de Gilliam…)?

Wallace et Gromit, le mystère du lapin-garou: animation extraordinaire

Ce nouvel opus, un long métrage cette fois, de Wallace et Gromit est en tous points remarquable : l’animation est tout à fait extraordinaire (la première scène donne le ton!) au même titre que le travail sur la lumière et les différents effets de texture. Le souci du détail est également hallucinant : on goûte la chevelure de Lady Tottington à la manière d’une carotte (une constante du décor et du “dessin” des personnages est d’être la végétalisation et l’assimilation aux légumes, le détail est guidé par le projet d’ensemble donc), on apprécie les mimiques hyper expressives des lapins etc… Assumant pleinement son intertexte, et ce au niveau de l’histoire globale (Frankestein) comme du détail (King Kong par exemple), le film déroule également une multiplicité de plans et de cadres hérités de tous les précédents cinématographiques : contre-plongée qui ouvre sur la lune (rappelons-nous tous les films sur Frankestein), gendarme marchant seul dans la rue (Jack l’éventreur rode…), autant de motifs d’un patchwork de références constamment utilisées dans un souci ludique ou humoristique…

Un plaisir, une réflexion, une volonté

Mais derrière ce plaisir se cache une réflexion amorcée avec Chicken Run, réflexion portant sur les questions très actuelles de la malbouffe et de la manipulation du vivant… En effet, ici, c’est une volonté de modifier la nature et donc de modifier le règne animal qui, au final, crée les désordres. On retrouve également le goût du naturel, du bon produit chez tous les habitants du village (rappelez-vous, dans Chicken Run, il était question d’un élevage industriel…) : il y a selon moi, une forme d’éloge de cette ruralité proche de la terre (malgré les excés que cela peut provoquer…). De même, les couples antithétiques Wallace/Gromit et Victor Quartermaine (et une autre référence, une!) sont aussi porteurs de systèmes de valeurs opposées : d’un côté respect et protection du règne animal, de l’équilibre de la nature; de l’autre, goût pour la chasse, le sang, intrusion violente dans l’équilibre naturel. Bref, derrière le divertissement, un message gentiment écolo!

Encore une fois, quel plaisir que de voir ce genre de film d’animation, aux niveaux de lectures multiples (pour les petits et pour les grands selon la formule consacrée) : du citationnel (Gromit comme héritage du cinéma muet?) au graveleux (les légumes ou le réservoir inépuisable de métaphores sexuelles…), il y en a vraiment pour tous les goûts. Bref, regardez-le puis reregardez-le pour apprécier la minutie des détails et de la mise en scène! A croquer!

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