iron man

Mes voisins les Yamada (2001)

Regardé hier avec ma dulcinée et mes amis Po la morphologue et Chiwalou Mes voisins les Yamada d’Isao Takahata réalisateur de l’émouvant Tombeau des lucioleset du génial Pompoko. Il n’y a pas à proprement parler d’histoire puisque le film articule une succession de sketchs ou de séquences qui n’ont pour fil conducteur que la peinture de la vie quotidienne des Yamada (famille traditionnelle, la grand-mère, le père, la mère, le fils et la fille).

Mes voisins les Yamada: moments familiales, leçon de vie, émotions

L’esthétique tranche avec les habituelles réalisations des studios Ghibli : ici place au minimalisme, soit une esthétique de l’esquisse avec décor réduit au minimum, palette de couleur très limitée (avec dominante de pastels) mais extrême perfection de l’animation et de l’expressivité du tout (surtout pour ce qui est des visages). Le tout s’inscrit ensuite dans une culture éminemment nippone : emprunt graphique (la Vague d’Hokusai par exemple, ou des plans très « estampes » avec exploitation de l’étalement spatial), emprunt littéraire (les Haïkus), emprunt sociologique (la grand-mère à la charge des enfants).

Le contenu pourrait se résumer à la multiplication des Haïkus, soit une forme d’œuvre illustrée où se succèdent peintures de moments familiales, leçons de vie (très sagesse populaire avec une prédilection pour donner une expression concrète à ces leçons) et petites émotions. La tonalité est souvent nostalgique, drôle parfois amère (parce qu’ancrée dans la réalité d’un salary man). Il y a là comme un regard de sociologue (description d’un groupe social –la famille- et de son inscription dans un cadre –la ville, le foyer) qui se doublerait de la distance d’un philosophe épousant de son regard ce qu’il convient d’appeler la condition humaine. Ce film est une petite perle, une bulle d’émotion et de poésie (la première scène sur le mariage est extraordinaire) qui a pourtant été un échec au Japon et en France. On y retrouve tout le talent de Takahata et cette japonité qui me fait toujours aussi plaisir !

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