palmarès juin 2012

Trois Enterrements (2005)

De Tommy Lee Jones. Mise en scène d’un monde (frontière avec le Mexique) et d’un genre (le western dans la deuxième partie du film) qui n’en finissent pas de mourir (peut être le cadavre symbolise-t-il cela d’ailleurs) : ennui, épuisement, c’est les deux mots qui me semblent illustrer ce film par delà les thématiques classiques du western : la justice légale ne fait pas son travail, c’est donc à l’individu, liée par la parole donnée, de la faire respectée d’où l’entrée dans une forme plus western avec thématique de la rédemption, de l’initiation et expression entendue que j’aime bien de la “paternité morale”.

Trois Enterrements, tout est mélangé

On peut d’ailleurs remarquer que le récit redevient linéaire quand on entre dans le voyage et dans le western, avant la forme est plus moderne avec un montage qui fait défaillir la continuité narrative du récit classique: tout y est mélangé, les personnages, les situations etc… comme pour mieux montrer un monde régi finalement par le hasard (et le cul) qui met en contact les différentes histoire personnelles: c’est dans la mort et le sexe que se crée le seul lien social du film… c’est dans la mission morale et dans la rédemption que les personnages trouvent leur place et leur fonction dans un monde qui me donne l’impression d’être régi par une forme de fatalité attachée au lieu: perdu dans un paysage vaste, dans un monde qui semble finalement sans frontière, l’homme y semble si petit, si dérisoire… De même histoire de deux mondes qui se côtoient tout en s’ignorant (voir la blague sur la télé…), mondes qui finalement communie dans les valeurs du travail (ah ces foutus maïs) et du retour à la terre (commune avant d’être séparée par une frontière), on quitte la ville pour pénétrer une nature qui met à l’épreuve et qui vous régénère: l’espace est lieu d’intiation et lieu d’un retour à la morale. Bref j’ai trouvé ce film très beau, très émouvant, pourvu d’une forme d’humanisme (résigné?) rare…De même et paradoxalement y retrouve t on l’ombre de Sam Peckinpah et de Rapportez moi la tête d’Alfredo Garcia, ce dernier véhiculant une image de l’homme bien éloignée de celle de Tommy Lee. Enfin et chose précieuse, le film prend son temps, vous installe dans une durée qui permet justement au film de prendre de l’ampleur et de faire sentir bien évidemment un temps long stagnant mais surtout qui communique la sensation d’un espace désespéramment grand que seule la quète d’un homme semble animer.

Un peu long, désolé mais pour une fois que je fais pas trop de blagues pourries!!!

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