Transformers (juillet 2007)

Le problème avec les énormes blockbusters, c’est qu’entre les scènes d’action, toujours plus impressionnantes d’un film à l’autre, il faut bien réussir à caser quelques éléments narratifs susceptibles de constituer une histoire. La chose n’était déjà pas aisée lorsqu’au milieu des années 1980, on décida de transformer (ah ah ah) une ligne de jouets à succès en dessins animés ou en comic books. On s’arrangea alors pour partager les robots entre gentils et méchants, le tout sur fond de guerre intestine qui prenait pour terrain de jeu notre bonne vieille planète Terre.

Transformers, actions et destruction

Dans le film de Mickael Bay, spécialiste des films à gros budgets (Bad BoysAmageddonPearl Harbor ou encore The Island, tentative avortée de bonne sf, en gros que des chefs d’œuvre…), l’intrigue, cette chose censée assurer la cohésion de l’ensemble, est d’une bêtise intersidérale. Le fait de courir se cacher en ville pour se protéger des méchants robots est d’ailleurs en lui-même le meilleur exemple d’un scénario écrit dans le simple but de garantir le plus d’actions et de destructions possibles… C’est que le film ne fait que recenser les motifs hollywoodiens habituels sans jamais rien en faire. En fait, tout ici concourt à catégoriser l’histoire comme film pour ados : soient les poussées hormonales, les blagues sur les parents etc. Heureusement, il y a souvent de bonnes blagues et la séquence où les robots se cachent pour échapper aux parents est assez tordante (tellement elle est absurde et stupide). Je crois même que le film ne véhicule quasiment aucun contenu idéologique à part, bien sûr le culte de la bagnole (palme de la réplique « j’ai la caisse, manque pus que la gonzesse ! »), de la gentille famille qui survivra à tout et de l’héroïsme bon marché…

Maîtrise des composants techniques

Alors me direz-vous, pourquoi voir ce film ? Sans doute par nostalgie, pour nous autres enfants des années 80 qui jouions avec délectation avec nos Transformers… Sinon, on peut simplement se souvenir que le cinéma est né à la foire et qu’il était vendu comme prouesse technique. Or, de la technique, il n’est question que de cela ici : les scènes d’action sont hallucinantes tout comme le rendu et l’animation numériques qui ne s’est peut être jamais aussi bien intégré aux prises de vue réelles. Il y a bien évidement cette délectation quand tout explose de partout, quand ça part à la bagarre. N’est-ce pas là l’essentiel ? J’y suis d’ailleurs allé uniquement pour ces scènes là, nombreuses et efficaces, servies par une réalisation nerveuse et épileptique. Bay n’est pas un bon cinéaste, un auteur, mais simplement un extraordinaire faiseur, apte à maîtriser tous les composants techniques du blockbuster actuel : ça canarde dur, ça dézingue, et c’est bien là l’essentiel pour ce genre de daube qui reste pourtant un bon divertissement…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *