palmarès juin 2012

The Constant Gardener (2006)

Encore un très bon film politique et qui donne pas trop le sourire…

The Constant Gardener: romance, splendeur et des interrogations

Trois niveaux d’analyse semblent possibles:

– Le film narre une histoire d’amour entre un diplomate adepte du “on laisse faire, ou pousser l’herbe…” et sa femme, idéaliste et combattant pour mettre à jour un complot mélant groupes pharmaceutiques et hauts dignitaires de Sa Majesté…Elle meurt, lui, découvre son secret et part en quète de rachat jusqu’à épouser les valeurs et le destin de cette dernière. C’est beau, c’est émouvant et vraiment bien joué… Une initiation à l’intimité de l’autre désormais disparu, un cheminement vers l’engagement quand l’individu accepte enfin d’ouvrir les yeux sur la situation et de s’y confronter directement…

– Le film est aussi un thriller, avec ce qui a fait la force de la Cité de dieu du même réalisateur: récit éclaté qui enchevètre l’histoire d’amour à l’enquète, ou encore le privé au public…La mise en scène fondée sur de forts contrastes et de décadrages efficaces commentent à merveille l’action…De plus, le film tire sa force de la multitude des non dits et points d’interrogations qui se lèvent peu à peu, à travers un récit bien construit qui, à l’image du chromatisme du film nous fait passer de l’ombre à la lumière.

– Enfin, une description de l’Afrique qui est en passe de devenir, avec Lord of war, un véritable personnage: la splendeur plastique du continent contraste avec la froideur des enjeux qui s’y jouent. On retrouve la capacité de mereilles à filmer un univers bouillonant de vie…et de mort (les bidonvilles, les espaces désertiques) comme dans la Cité de Dieu. Il y a là, à l’opposé de Lord of war, une vraie esthétique africaine qui rend encore plus cynique l’activité occidentale qu’i s’y déroule…

Comme toujours, il y a une forme d’indécence à gloser sur un film porteur d’un tel sujet (l’exploitation d’un continent et de sa misère) et pourtant n’est ce pas aujourd’hui le cinéma qui peut mettre à jour certains scandales, entretenir une certaine mauvaise conscience occidentale à travers une esthétique performative?

En tous cas, il m’a ému ce film, cette histoire d’amour, ce continent filmé avec force… Et cette émotion là, elle ne m’a pas paru “sale”, exigée et c’est peut être cela le plus dure à avaler, parce que cette émotion, c’est celle qui n’existe pas au quotidien quand à coté de nous crève un continent…

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