The Big Sleep (1947)

de Howard Hawks.The Big Sleep, adaptation éponyme du livre de Raymond Chandler, est connu des cinéphiles pour la complexité de son intrigue et je dois dire que je ne m’inscrirai pas en faux devant cette affirmation tant j’ai eu du mal à suivre son extrême ramification. Une anecdote court d’ailleurs à ce sujet : Hawks aurait appelé Chandler pour lui demander si un personnage mourrait ou se suicidait, réponse de l’intéressé : « Aucune idée » !… Bref, si The big sleep est toujours considéré comme un chef d’œuvre, il le doit sans nul doute à son atmosphère et au couple mythique que forment Humphrey Bogart et Lauren Bacall, couple reconstitué après la réussite du Port de l’angoisse et qui devait quelques mois après se marier à la ville.

The Big Sleep: couple et réalisateur mythique

Le film s’inscrit dans le genre connu du film noir mais s’en démarque par l’absence de voix off et par le rejet du flash back. Néanmoins, l’atmosphère, elle, est tout à fait emblématique du film noir : monde de faux-semblants, triomphe du cynisme et du double jeu, collection de femmes fatales, primat du clair-obscur. La mort y est incroyablement présente et le détective se meut avec aisance dans cette société dépourvue de repères moraux : son assurance, son second degré marquent alors sa distance vis-à-vis d’un monde dont il connaît les codes sans les épouser totalement. L’autre aspect marquant du film est l’incroyable sentiment de sexualité qui s’en dégage. Hawks profite pleinement de la tension sexuelle qui anime le rapport du duo d’acteurs. Les dialogues sont aussi particulièrement osés et suggestifs (ah, le dialogue sur la selle et sur les chevaux…), l’implicite dessine alors un sous texte pulsionnel de premier ordre et derrière la parade amoureuse se cache une Loi qui ne serait pas loin de guider la marche du monde…

Film mythique, servi par un couple mythique, réalisé par un réalisateur mythique, tous les éléments sont là pour expliquer une réussite qui sacrifie la transparence narrative au profit de la description d’un univers urbain et criminel, gangrené par le mal et l’argent.

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