Team America World Police (mars 2005)

De la télévision à l’écran, le système des créateurs de South Park (Matt Stone, Trey Parker) reste sensiblement le même : soit une critique satirique qui s’attaque  à peu près tout et son contraire et qui s’inscrit systématiquement dans une forme hyper codée, elle-même parodiée mais qui fournit néanmoins une trame narrative solide.

Team America: des scènes d’action

Team America, c’est un film d’action de marionnettes où l’on retrouve donc tous les composants du genre : les scènes d’action évidemment ; mais aussi la « psychologie » des personnages, moquée ici par le choix de dialogues multipliant les clichés ; le découpage narratif (ah la scène du montage !), et l’explicitation systématique d’un arrière plan idéologique qui, poussé à l’extrême, donne une critique acerbe des va-t-en guerre américain et de la fameuse lutte contre le terrorisme. Mais le principe des réalisateurs, c’est de ne jamais choisir un camp : pas de discours partisan mais la volonté délibérée de confronter la débilité des uns à la stupidité des autres. Ainsi, la guilde des acteurs américains ramasse tout autant que les terroristes ou que le gouvernement américain. Tout le monde en prend pour son compte dans un grand délire critique qui jouit pleinement de la position d’extériorité et de neutralité choisie. Dés lors, soit l’on accepte cette posture, soit l’on décide de n’y voir qu’un exercice vain, un pamphlet bien inoffensif…

Par delà le discours, reste la forme et là, on peut parler d’entière réussite : diversité des décors et des situations, variété des figures et de l’animation par delà la rigidité du support choisi. De même, la connaissance des normes et stéréotypes des genres parodiés n’a d’égal que la capacité à subvertir un langage cinématographique. La scène d’amour est à cet égard tordante et révélatrice de la démarche des auteurs : aller toujours plus loin, pousser au maximum et jusqu’au ridicule un genre et/ou une situation. Le trop plein de tics, de poncifs, de petites phrases toutes faîtes, la multiplication des références finit par créer cette atmosphère si particulière où le trop devient le ressort comique le plus efficace. Bref, on peut jouir du film à différents niveaux mais il est bien évident que l’aspect réécriture me semble plus intéressant que l’aspect satirique, le premier ne nuisant bien évidemment pas au second…

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