Souris City (novembre 2006)

Prenez les studios Aardman (créateurs des géniaux Wallace et Gromit et Chicken run), ajoutez-y les studios Dreamworks (vous savez, ShrekMadagascar…) et vous obtenez Souris City, soit le mariage de l’esthétique patte à modeler avec l’imagerie de synthèse ou si vous préférez l’effet de l’animation en volume conservé et travaillé par l’outil numérique. L’histoire importe peu, disons rapidement qu’elle se construit sur l’éternel décalage entre un héros et un univers qu’il ne connaît pas et dont il ne maîtrise pas les codes. Le héros, c’est Rody, rat des beaux quartiers londoniens qui se retrouve dans l’univers des égouts où il rencontre la belle Rita et sa nombreuse famille, un méchant Crapaud traumatisé et son cousin français, La Grenouille (forcément !). Vous imaginez déjà la morale : mieux vaut avoir une famille que vivre seul et dans la luxure ou encore, moi Rody, j’apprends à vivre avec les autres et pour les autres, la vraie fortune est celle du cœur bla bla bla, rien de bien neuf sur le fond donc.

Souris city, un héros, un univers

Sur la forme, on reconnaît la patte des deux studios : soit un univers extrêmement référencé qui convoque joyeusement souvenirs cinématographiques et inscription dans des genres pastichés qui servent de cadre narratif (ici course poursuite autour d’un objet, enjeu de la quête, et film catastrophe en arrière plan structurant le tout). Les gags abondent et l’humour repose énormément sur le comique des comportements et sur la multitude de chutes qui ponctuent le film. D’un point de vue graphique, Souris City est assez agréable notamment dans sa logique de miniaturisation qui propose par exemple un Londres amoindri (la fameuse Souris City) ou différents éléments de décors et d’action constitués des déchets collectés dans les égouts. La représentation de la maison et du monde adulte m’est par contre apparue beaucoup plus fade et sans génie. Les scènes d’action sont efficaces, correctement réalisées (en particulier la course poursuite sur eau) mais il n’y a là dedans rien de bien révolutionnaire.

En bref, Souris city est un honnête film d’animation (dans la veine de ceux qu’ont pu réaliser les deux studios), gentillet, amusant et donc divertissant. La logique du second degré, du citationnel fonctionne à plein tandis que les petites bébêtes chantantes sont évidemment tordantes. On appréciera aussi le recyclage des clichés sur les anglais, français et même sur les américains. Bien moins puissant que Happy Feet néanmoins, un film comme on en fait beaucoup aujourd’hui…

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