Sicko, la critique du dernier Michael Moore

La critique du nouveau film de Michael Moore, Sicko. Cette fois-ci, Moore s’attaque au système de santé américain. Film après film, Moore s’approprie un nouveau sujet pour le traiter à sa manière et y apporter sa vérité en mélangeant investigation, humour et un peu de provoc’. Après les armes à feu, Bush ou les patrons de grands groupes, c’est sur le système de santé américain que Moore met son focus.

Sicko le film

Si l’idée de départ est indiscutable et que, de façon globale, le système de santé ultra individualiste utilisé aux Etats-Unis est à dénoncer, on peut clairement se poser des questions quant aux méthodes utilisées pour arriver aux conclusions énoncées tout au long du film. Durant toute la première partie, on assiste à une démonstration plutôt drôle et rythmée de l’injustice du healthcare américain, n’offrant évidemment aucune garantie aux plus démunis et mettant certaines familles dans des situations dramatiques. Jusque là tout va (presque) bien. Si l’on peut dire.

Michael Moore décide alors de voyager pour voir un peu ce qu’il se passe au delà des frontières américaines. Le problème est qu’il a visiblement poussé son investigation le temps d’un week-end, rendant ainsi son enquète “de fond” aussi précise qu’un micro-trottoir au journal de 13 heures de TF1. Le manichéisme manifeste devient vraiment ridicule, surtout lorsque le cas de la France est abordé. La situation décrite semble alors complètement irréaliste et clairement fausse. On y apprend par exemple que les places dans les crèches pullulent, qu’on vient faire notre lessive après un accouchement et que le bienfait de tout cela vient des gentils syndicats qui font peur aux politiques. Euh ?

Le dilemme du spectateur, après cette démonstration, va être d’accorder sa confiance à Moore pour les sujets qu’il ne maîtrise pas (en l’occurence la situation étrangère). Se rapprochant de plus en plus d’un divertissement sentimentaliste et à la limite du voyeurisme, l’abus d’argument un peu trop généraliste pour ettayer maladroitement son propos, dessert plutôt le combat, pourtant très nécessaire et légitime, que Moore s’était mis en tête de mener. A voir donc, pourquoi pas, mais avec un esprit critique allumé, en évitant surtout de prendre pour argent comptant ce docu-tissement bourré de défauts.

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