Shaun of the Dead (2005)

De Edgar Wright. Relecture burlesque du film de morts vivants, Shaun of the Dead sait pasticher avec plaisir les codes du genre (globalement mis en place par Georges A. Romero) et préfère sacrifier l’angoisse à la multiplication des gags.

Shaun of the Dead , film de morts vivants

Ici la ligne du film est claire: les zombies ne sont pas plus morts que les vivants pris dans la routine de leur existence faite de la répétition quotidienne des mêmes rituels: une forme de boulot, pub, télé, dodo… Ainsi, à plusieurs moments, les vivants sont comparés à ces fameux zombies: Shaun (le “héros” donc) au réveil, Ed, son pote lourdingue devant ses jeux vidéo, ou encore tous les personnages que croisent Shaun au réveil, du gamin jouant mécaniquement au football au clochard demandant jour après jour quelques pièces à Shaun. En ce sens, il n’est pas étonnant de voir le petit groupe de rescapés les imiter pour trouver une possible issue à leur périple. De la même manière, la première partie multiplie les effets d’annonce de la situation à venir: de l’encre rouge fuit dans la chemise de Shaun, annonçant les bains de sang à venir (plutot rares d’ailleurs), les attitudes des vivants copient celles des zombies les plus caricaturaux etc…

Les zombies dans le film Shaun of the Dead

Le film sait donc jouer sur ce lieu commun du genre qui voit dans le zombie une forme métaphorique des différentes aliénations de l’individu. Ce sont bien les morts qui réveillent les vivants ici: Shaun passe du petit ami minable incapable de la moindre intitiative au héros actif sauveur de la belle…La morale est ainsi plutot amusante: finalement, les zombies ont fait mourir tous les alentours qui empèchaient la réalisation et l’épanouissement du couple (mort de l’ami “boulet”, des colocataires de la fiancée, de la mère etc…). De même, le film s’achève sur l’exploitation de l’épisode zombie par les média, la télé réalité (très drôle d’ailleurs!) et l’industrie (le travailleur zombie ou le fantasme réalisé d’un certain patronnat…): autrement dit, si l’on finit par vivre avec eux , c’est peut être parce qu’ils ne sont pas si éloignés de nous et voilà donc la boucle bouclée…

Au final, Shaun of the dead est un film sympathique, pas tout à fait idiot qui a su opposer un humour so british au retour des morts vivants d’un genre qui ne donne sa pleine mesure qu’à chaque sortie des opus de Romero: mieux vaut une bonne comédie qu’un décalque loupé, n’est ce pas?

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