Severance (octobre 2006)

De Christopher Smith. Petit divertissement sympathique et sans grande prétention, où la comédie noire rencontre le film d’horreur. Le titre fait bien évidemment directement référence au génial Delivrance mais la comparaison s’arrêtera là… C’est donc l’histoire de 6 salariés de Palissade Défense, entreprise spécialisée dans la confection et de la vente d’armes, qui partent pour un week-end de cohésion, vous savez, ces séjours où l’esprit d’entreprise pardon d’équipe doit être travaillé, pardon, mis en valeur… Perdus dans une forêt, les salariés vont être la proie d’autochtones légèrement dégénérés…

Severance: histoire des salariés perdues

Passons sur le possible caractère symbolique de l’affaire : les vendeurs d’armes tués par des armes, l’esprit d’entreprise trouvant ici une expression exacerbée etc… Cet aspect symbolique est en effet assez peu développé et reste à la charge du simple cadre scénaristique. Mieux vaut considérer Severance pour ce qu’il est : un simple film de genre, qui n’a pas d’autre vocation que de divertir. Ainsi, la structure est clairement reconnaissable : arrivée en groupe dans un lieu clos (la forêt), indices donnés par le réalisateur sur le destin des personnages (qui regarde ? Qui est regardé ?) puis rencontre avec les méchants (quelques scènes bien gore), puis récit de fuite avec problématique de la survie (si tu veux survivre, personnage, apprends à être aussi barbare que tes assaillants !) et dénouement qui voit le groupe réduit à quelques individus. Le film oscille systématiquement entre comédie et horreur, mais aussi (et c’est parfois problématique) entre inscription littérale dans le genre et vocation parodique (voir la scène de fin). Les relations entre les personnages se veulent révélatrices de la vie et des conflits d’entreprise mais cela reste très superficiel. Mieux vaut se plaire à entrer dans le jeu et dans l’éternel pseudo suspense que le genre suppose : qui va mourir, qui va survivre ?

Le réalisateur offre quelques idées de mise en scène inventives et roublardes. Les quelques scènes d’horreur ne jouent jamais totalement la carte de l’insoutenable (quoique…) si on les compare avec l’exécrable et minable Hostel. Les références au glorieux prédécesseurs sont là : citons par exemple Massacre à la tronçonneuse. La musique est souvent utilisée en décalage avec la représentation et son usage se conforme assez bien à l’une des constantes esthétiques du genre. Bref, rien de bien neuf, mais un certain savoir faire qui rend le film agréable et divertissant. So british…

p.s. notons que l’est, ici la Hongrie, semble devenir le nouveau lieu de l’horreur et le nouveau paradigme de la barbarie. Naissance d’une nouvelle mythologie donc…

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