adieu a tout cela

La série True Détective de HBO a mi chemin entre Xfiles et Twin Peaks

Créé par Nic Pizzolatto et produit par Matthew McConaughey – l’acteur récemment récompensé aux Golden Globes et vu dernièrement dans Killer Joe, Le Loup de Wolf Street ou encore MUD – True Detective, dont l’épisode pilot a été diffusé cette semaine en France sur la chaine OCS, est la nouvelle série d’HBO, l’emblématique chaîne payante américaine rendue célèbre en produisant des séries comme Les Sopranos, Rome, ou encore Game Of Thrones.

La nouvelle série de HBO

Sur le papier l’originalité de la série est de fonctionner comme une anthologie meurtrière, à la manière des récits policiers d’une certaine littérature américaine, chaque saison s’attardant sur des intrigues et des protagonistes différents. Pour peu bien sûr que la série rencontre le succès. Ce qui, si l’on croit les chiffres d’audience du pilot (2.3 Millions de téléspectateurs), est plutôt bien parti. La première saison et donc le pilot nous propulse en Louisiane en 2012. Interrogés par les autorités, Martin Hart (Woody Harrelson) et Rust Cohle (Matthew McConaughey) se remémorent leur enquête la plus célèbre. Pour ces ex-partenaires de la Division des Enquêtes Criminelles, tout a commencé 17 ans plus tôt… En 1995, Dora Lange, une prostituée, est découverte atrocement assassinée ; la mise en scène du cadavre laisse penser qu’un tueur en série aux rituels occultes sévirait en Louisiane. Dès lors, la traque de l’assassin devient une véritable obsession pour Martin et Rust, au risque de détruire leurs vies privées.

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Le premier, banal, possède une vie de famille tout ce qu’il y a d’enviable (sa femme est joué par Michelle Monaghan). Le second est un homme étrange. Nouveau venu dans la brigade criminelle de Louisiane, son passé est entouré de mystères. Ses collègues le surnomment le « Percepteur ». True Detective au premier abord c’est avant tout un récit âpre et violent qui prend son temps et nous plonge dans une Louisiane morne où règne une ambiance étrange, à mi-chemin entre X-files et Twin Peaks. Aurait-on trouvé le digne représentant de la série de Chris Carter, Millennium ? Un fragment de réponse avec cette review du pilot et la totalité à la fin de cette première saison plus que prometteuse.

Dès le premier meurtre que l’on croirait tout droit sorti du jeu vidéo Deadly Premonition, lui-même fortement inspiré par l’ambiance bizarre de Twin Peaks, ou de l’un des nombreux polar Hardbolied de James Ellroy (Le Dahlia Noir), James Lee Burke (Dans la brume électrique), ou encore Michael Connelly (Créance de sang), on comprend que l’expérience de True Detective ne sera pas de tout repos et nous offrira tout au long de ses huit épisodes d’une heure, une intrigue aussi dérangeante que captivante, porté par la réalisation léchée de Cary Fukunaga et des acteurs au meilleur de leur forme.

Une série avec Matthew McConaughey

Malgré son extrême lenteur ce pilot se révèle littéralement hypnotisant et jouissif, à l’image de son incroyable générique rythmé au son de « Young Men dead » des Black Angels. Devant la caméra de Cary Joji Fukunaga (Sin NombreJane Eyre) qui transforme la Louisiane en théâtre gothique d’événements atroces grâce à la photographie Adam Arkapaw, chaque plan, chaque dialogue, se révèle d’une grande richesse et transpire par tous les grains de sa pellicule l’aura morbide des marécages de Louisiane et le spleen de son personnage principal Rust Cohle, le « percepteur ».

Et oui, car dans tout bon récit qui se respecte il y a un personnage qui se détache, un policier emblématique. Et dans ce pilot tout concourt à faire du personnage de Rust un personnage iconique, magnifiquement incarné par Matthew McConaughey et son aura white trash, parfait en officier taciturne, autant qu’en alcoolique mal rasé. En 2012, Woody Harrelson est interrogé sur l’étrangeté de son ancien partenaire qui est le seul à posséder un surnom, tandis que Rust, lui, est interrogé sur les détails morbides de l’enquête. Le tueur en série et la violence de ses meurtres, tout comme Rust se révèle donc dès les premières minutes du pilote comme les deux éléments essentiels du récit. Le pessimisme du personnage et l’horreur des crimes envahissent ainsi peu à peu l’espace et étouffe le spectateur au même titre que les autres personnages. Brillant !

Un pilote fort en émotion donc, à la hauteur de nos espérances. Le rythme lancinant, l’ambiance malsaine et les personnages d’ores et déjà iconiques attisent notre curiosité. C’est donc avec hâte que l’on attend le prochain épisode, histoire de voir si toutes ces bonnes choses ne se tarissent pas au bout de quelques semaines. Pour la critique définitive de la saison, rendez-vous dans quelques mois.

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