Save the Green Planet! (2003)

De Jeong Jun-Hwan. Film coréen inclassable qui nous raconte l’histoire d’un couple qui, persuadé que l’invasion de la terre par des aliens arrive, kidnappe un homme d’affaire, censé être l’un d’eux…Premier fait marquant et saillant: l’incroyable mélange des genres opérés dans le film: à la fois thriller, film de science fiction, mélodrame quand il faut, parodie parfois burlesque, passant par certaines scènes gores, le film joue sur tous les niveaux et mélangent tous les registres et les tons.

Save the Green Planet! Une histoire de kidnapping

Cette histoire de kidnapping joue d’abord pleinement sur l’ambigüité de la situation initiale: le personnage Lee Byung-Goo (Shin Ha-Gyun) est-il fou, mentalement instable comme le suggèrent les pillules qu’il prend tout au long du film? Ne transpose-t-il pas sur un bouc émissaire et à travers un fantasme tout personnel les violences diverses du monde contemporain (scolaire, sociale, économique) qu’il a subi ainsi que les drames intimes et familiales qu’il a connu? L’alien est étymologiquement l’autre et le kidnappping serait alors la métaphore de la haine et la peur de l’autre, de l’altérité… Ici, le film joue sur notre compassion à l’égard du personnage principal (nous devenos donc complice des sévices) et sur la fascination/répulsion face à l’horreur (nous sommes spectateur d’un déchainement par moment franchement sadique et malsain). Mais si Lee avait raison? La force du film réside dans notre impossibilité de trancher totalement: il existe toujours ce doute notamment entretenu par un compte à rebours indiquant l’imminence d’une éclipse solaire qui pourrait tout aussi bien marquer la fin de la terre, qui sait???

Le film me semble également largement porté autour de la question de la violence comme trait essentiel de la personne et condition humain: la relecture du chef d’oeuvre de Kubrick 2001, l’odyssée de l’espace est en cela totalement orientée vers cette interrogation…De même, l’enfermement kidnappé (le génial Baek Yoon-Shik) kidnappeur, le rapport de violence qui s’établit entre les deux sont autant d’occasion de penser et donc de montrer cette violence. Le discours (pessimiste) dont est porteur le film n’a rien de transcendant et recouvre très largement certains clichés de la science fiction mais l’intérèt est ailleurs, dans l’avancement de l’histoire, les ruptures de tons et l’ambigüité fondamentale de la démarche du réalisateur. Un film inventif donc qui peut dérouter mais qui ne laissera sans doute pas indifférent.

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