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Renaissance (2006)

Renaissance marque avec le tout récent Sin City la deuxième véritable tentative d’expérimentation formelle fondée sur un lien nouveau du numérique et de l’acteur réel.

Renaissance en Noir et blanc: Esthétique réussie

Autant dire tout de suite que cette esthétique noire et blanche est une véritable réussite, à condition de distinguer le fond de son traitement artistique. En effet, il semblerait que la contrepartie de la radicale nouveauté plastique et technique du film soit son inscription littérale dans un genre déjà hypercodé sur le plan du déroulement narratif et des déterminations des personnages, et c’est sans doute la seule véritable faiblesse du film qui se construit comme la synthèse archétypale du thriller futuriste: flic taciturne (emprunt au film noir), femmes fatales et fragiles, hiérarchie corrompue et entreprise pharmaceutique véreuse avec grand méchant à sa tète. Le récit respecte lui aussi tous les stéréotypes de l’enquète et de son déroulement (notons néanmoins un dénouement étonnament original), ce qui donne cette impression de vivoter dans un univers archi codé et donc archi reconnaissable. Le propos dont est porteur le film est lui aussi assez topique: perte de l’intégrité de l’individu humain dans un monde où la technologie tend à le nier lui et son existence temporelle ou à le controler (tout dans ce monde est sous controle: personnage en liaison constante avec des procédures anonymes: caméra, invisibilité etc…). Et pourtant, cela fonctionne parfaitement!

Renaissance, réalisation parfaite

La description et la peinture du Paris “rétrofuturiste” nous livrent une jolie variation sur le thème de la ville futuriste: ce Paris là est topographiquement reconnaissable (Tour Eiffel, Sacré Coeur etc..) et pourtant il est autre, fait d’excroissances verticales et de multiples niveaux de profondeur. Or, à l’opposé de la ville futuriste “traditionnelle” (du type Blade Runner), il n’y a pas à proprement parler d’exploitation de la verticalité, la ville enferme les personnages dans l’horizontal plutôt qu’elle ne les écrase de ses hauteurs (l’architecture des décors enferme plus qu’elle n’ouvre sur la hauteur) : ici c’est la sensation de la perte dans l’individu dans un espace tout en étendue qui prime. Voilà sans doute le point le plus fort du film: cette vision de la ville… Il faut aussi noter la force de la réalisation qui enchaîne harmonieusement les scènes et ne laisse jamais le spectateur perdu dans cet écran noir et blanc (la scène de poursuite en voiture est en cela remarquable). De même, tous les jeux de reflets sur les vitres, certaines images où l’on voit véritablement naître le dessin, tout ceci est parfaitement réalisé…

Ainsi, Renaissance ouvre des possibilités esthétiques excitantes (qui peuvent ne pas passer par le noir et blanc) pour l’usage du numérique. Sans doute le manque d’audace de l’histoire s’explique aussi par cette nouvelle forme : il doit être plus facile d’initier de nouvelles techniques dans un monde au contenu codé et donc moins difficlie à mettre en image (d’autant plus quand on crée de toutes pièces ce contenu et son décor !). Quoi qu’il en soit, le choc esthétique et artistique est une bonne compensation à la relative déception éprouvée devant son contenu.

Une très bonne et belle expérience.

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