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Comprendre les relations entre la France et la Chine

Autrefois usine du monde, la Chine continue d’attirer les investisseurs des quatre coins du globe, et ce malgré les frayeurs boursières et l’augmentation du coût de production. En effet, le pays se dirige maintenant vers une société de consommation, toujours plus exigeante. La France entretient des relations commerciales avec l’Empire du Milieu depuis plus de 50 ans. Cependant, nombreuses sont encore les entreprises qui idéalisent leur implantation sur le marché chinois, ou bien qui ne portent pas attention aux différences culturelles, tant en terme de management que de consommation.

Pourtant, quoi que l’on dise, les entreprises françaises disposent d’atouts compétitifs pour croître en Chine, à condition de connaitre les codes et les clés de cette culture millénaire.

Des relations franco-chinoises qui durent

Le 27 janvier 1964, date à laquelle la France a été le premier pays à reconnaitre la Chine populaire, représente le point de départ des relations entre la République populaire de Chine et la France. En 1997, une déclaration conjointe les qualifie d’abord de « partenariat global », pour ensuite les élever au rang de « partenariat stratégique global » en 2004.

Les deux pays entretiennent en effet des relations diplomatiques et économiques importantes, ponctuées de nombreuses visites des chefs d’État ou premiers ministres et de signatures d’accords stratégiques. Ainsi, en 2014, nous avons commémorés le 50ème anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques et à ce titre plus de 800 évènements ont eu lieu, démontrant la diversité de ces relations. Plus récemment, en juillet 2015 la visite du premier ministre chinois en France a été l’occasion d’une déclaration conjointe sur la coopération dans le nucléaire civil et sur les partenariats en marché tiers. La Chine apparait de manière générale comme un acteur incontournable.

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La coopération économique et industrielle est structurante dans des secteurs tels que l’aéronautique ou encore le nucléaire civil. Elle repose sur les principes de réciprocités et de bénéficies mutuels. De grandes entreprises françaises ont noués des joint-ventures avec des structures chinoises et les succès furent importants. Tel est le cas d’Alstom, Areva, Michelin, Airbus ou encore Lafarge.

Il ne faut par ailleurs pas négliger que de telles relations se sont établies principalement grâce à une main d’œuvre peu qualifiée bon marché et quantitativement importante, ainsi qu’un coût du travail moindre dans l’ensemble. Cependant, l’usine du monde prend son envol et entame son ascension vers une société de la connaissance, donc innovante et concurrente, et une société de consommation qui attire de nouveaux types d’investissements. La donne est très différente aujourd’hui, et il est devenu plus difficile de s’implanter et de réussir sur le marché chinois qu’il y 10 ans.

Une transformation qui reste attrayante

Avec un marché de plus de 1, 360 milliards d’habitants, la Chine fait rêver. Cependant, il est naïf de croire pouvoir atteindre ce marché en un claquement de doigt. Ainsi, malgré des relations au beau fixe et la signature de plusieurs grands contrats, le commerce bilatéral représentait pour la France 52 milliards de dollars en 2013, alors que celui de l’Allemagne atteignait 162 milliards. Le déficit commercial de la France avec la Chine était ainsi de 26,3

milliards d’euro en 2014. L’autre élément montrant l’inégalité de ces relations est la part de marché de la France dans l’Empire du Milieu, soit 1,4% en 2014, alors que l’Allemagne occupe plus de 5%. La Chine quant à elle représente 8% des parts de marché en France…

Avec une croissance fulgurante de près de 7% jusqu’à récemment, les consommateurs chinois sont certes devenus « riches » (pour certains, n’oublions pas que l’indice de Gini[1] est de 0,469 en 2014, données Bureau National des Statistiques chinois) mais aussi exigeants. Les besoins de la société chinoise se situent actuellement dans les produits à forte valeur ajoutée notamment dans les services, les biens de consommation et la protection de l’environnement.

Il est aisé de comprendre que l’extrême pollution dans certaines régions entraine une hausse des achats de purificateurs d’air. L’entreprise française SEB a d’ailleurs reçu en décembre 2015 le prix « Santé et environnement » lors d’une cérémonie organisée par le Comité France-Chine et labellisée COP 21, pour son purificateur d’air Intense Pur Air. L’enjeu est important. Aussi, l’Agence française de développement (AFD) intervient en Chine depuis 2004 dans le cadre d’un partenariat avec le ministère chinois des Finances et la Commission nationale du développement et des réformes. Il tend à accompagner la transition du pays vers un système non polluant (baisse des émissions de carbone) et respectueux de l’environnement.

Dans le secteur de l’agroalimentaire, celui-ci a été touché par de nombreux scandales, et notamment celui de la mélanine en 2008. Ainsi, des familles chinoises se procurent de la poudre de lait à Hong Kong ou bien en Europe. En 2015, le groupe chinois Synutra a investi plus de 100 millions d’euros pour construire une usine de lait à Carhaix (Bretagne), en partenariat avec la coopérative finistérienne Sodiaal. Cela renforce l’image du secteur de l’agroalimentaire français et permet également de créer 250 emplois.

L’amélioration du cadre de vie est donc une excellente opportunité pour l’économie française, dont les activités de services représentent environ 79% du PIB. En plus de s’appuyer sur le secteur du luxe et des cosmétiques, la France a les capacités de proposer des produits et services haut de gamme, orientés vers la problématique de protection de l’environnement et l’amélioration du mode de vie.

Néanmoins, la comparaison avec les résultats de l’Allemagne en Chine indiquent que certaines difficultés existent pour nos entreprises. L’approche du marché chinois par le management interculturel s’avère indispensable pour éviter certaines déconvenues.

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