Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit (Deuxième volet, août 2006 – en DVD)

de Gore Verbinski. Le premier Pirates des caraïbes a sans doute remis au goût du jour le film de pirates, genre jusqu’ici abandonné mais qui peut pourtant se penser comme la quintessence du film d’aventures. Second volet donc nécessité de tenir les promesses du premier, donc nécessité de faire plus : plus de péripéties, plus d’actions, plus d’effets spéciaux etc. Le contrat est rempli grâce notamment à l’hybridation du film d’aventures et du film fantastique qui autorise le déploiement d’un imaginaire marin investissant la plastique des marins maudits et de leur bateau (soit la pleine exploitation des ressources marines comme autant de possibilités de variations sur les matières et les textures numériques, la palme allant au répugnant Davey Jones).

Pirates des Caraïbes, une bonne dose d’humour

Ici, il s’agit d’exploiter au maximum le registre des légendes et histoires surnaturelles liées à la mer et à l’océan : la cape et l’épée croisent alors un monde grand guignolesque et fantastique qui autorise la multiplication des scènes d’action, elles-mêmes intégrées à univers esthétique permettant d’en mettre plein la vue aux spectateurs (cf. les termes d’un contrat qui unit le spectateur à ce genre de production). On notera également un arrière plan historique assez superficiel mais assez développé pour nous faire percevoir la nécessaire disparition de personnages tels que Jack Sparrow, c’est-à-dire le définitif basculement de l’historique au mythique… L’histoire avance selon les grandes règles du schéma actanciels : des actants aux motivations diverses suivent une même quête, ce qui explique que l’action peut se diversifier en des foyers différents mais toujours se recentrer autour d’un lieu commun (voire la scène de la barque) et donc d’un objectif commun. L’intrigue demeure claire du fait de l’extrême simplicité de ce schéma. Evidemment, c’est Johnny Depp qui concentre l’attention et les louanges. Son jeu réussit à concilier différents degrés et niveaux de lecture : tout à la fois maniériste, bourré de tics, constamment en train de surjouer, sa composition s’adresse à toutes les catégories d’âge et se coule donc naturellement dans le projet général du film.

Ce deuxième volet se regarde avec plaisir, notamment grâce à une bonne dose d’humour et à quelques références cinéphiliques dispersées ici et là. L’univers visuel est riche, la réalisation solide et le rythme reste haletant malgré la longueur de l’ensemble (2h20). Il réussit également à développer la « psychologie » des personnages en redessinant les contours de leurs relations mutuelles. La perte de l’effet de surprise est donc bien compensée par l’inscription consciente et ludique dans un projet de pur divertissement. A regarder avec des yeux d’enfants pour en apprécier toute la substance !

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