Phénomènes : le rachat de Shyamalan ?

A n’en pas douter, Shyamalan fait aujourd’hui parti des réalisateurs qui comptent à Hollywood. Malgré un dernier film très décevant (le raté Jeune fille de l’eau), Phénomènes fait le buzz depuis plusieurs mois, avec une bande-annonce très réussie.

Le film Phénomènes

En une phrase, New York est ‘attaqué’ par une force inconnue, conduisant un grand nombre de personnes au suicide, sans aucune raison apparente. Les images spectaculaires de ces suicides nous intriguaient et offre d’ailleurs une exposition (relativement longue) bien réussie, avec une tension montant crescendo.

Si l’on savait Shyamalan amateur d’Alfred Hitchcock, il lui offre ici un véritable hommage, tant on sent que Les Oiseaux ont influencé le réalisateur sur ce film. Malheureusement, la comparaison s’arrête un peu vite, Shyamalan récitant un peu trop sa leçon, utilisant des cordes bien trop grosses pour qu’elles fonctionnent correctement. Mais surtout, Shyamalan s’escrime a vouloir expliquer tout ce qu’il se passe ou presque. Maladroitement parfois, grossièrement souvent, offrant du coup, une retombé du suspense immédiate et des roulements d’yeux inévitables.

Peut-être plus proche de Signs, dans l’ambiance de la seconde partie, Phénomènes prend toutefois moins de temps pour installer ses personnages. Wahlberg, pas trop mauvais se retrouve du coup à faire exister un personnage un peu creux répétant ses gimmicks de professeurs de façon un peu systématique. Sa femme est quant à elle plutôt absente, n’existant finalement que grâce aux problèmes de couples, d’ailleurs plutôt passés sous silence.

Phénomènes de Night Shyamalan

Entre les sous-messages écolo du pauvre et l’utilisation de rouages scénaristiques déjà vus, on peine à s’attacher à ce Phénomènes beaucoup plus loin que les 90 minutes que nous offre ce film. Dommage, car le pitch promettait beaucoup, et offrait des perspectives intéressantes, mais inexploitées. On appréciera par contre les petites pics envoyés ça et là, sur certains travers de la société américaine (sa parano-terroriste, notamment).

Shyamalan ne rassurera pas avec Phénomènes ceux qui voyaient déjà d’un mauvais oeil ses dernières productions. Il s’agit d’un film clairement moyen qui balance tout dans sa première partie, et qui rame pour toute la suite. Vraiment dommage vu le potentiel du scénario.

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