Origine (juillet 2006)

De Keiichi Sugiyama. J’attendais depuis quelques temps déjà ce japanime des récents Studios Gonzo mais le nombre de copies restreint m’a obligé à patienter un petit moment. Le voilà donc aujourd’hui sur les écrans toulousains de l’ABC. Force est de constater que la comparaison avec le maître Miyazaki s’impose d’elle-même (de toute façon, Miyazaki est l’une des rares portes d’entrée grand public pour pénétrer l’animation japonaise, le revers de la médaille étant que des films comme celui-ci sont distribués de manière plutôt confidentielle) : tout d’abord au niveau de l’univers visuel assez proche (ce qui n’a rien d’étonnant puisque le réalisateur était designer pour ce cher Hayao) tant sur le plan des personnages que des décors, ensuite sur le plan du genre de la fable écologique très pratiquée par Miyazaki (comme toile de fond pour Nausicaä ou Mononoké ou comme motif récurrent par exemple dans Chihiro). La comparaison est évidemment en défaveur du nouveau venu mais le style visuel d‘Origine est assez somptueux, fait de lignes claires et de décors très détaillés et colorés. L’animation est également irréprochable sur un plan technique. L’autre influence ressentie est celle d’Ottomo et du génial Akira : vous reconnaitrez les engins à vapeur de Steamboy et découvrirez chez le héros une mutation du type tetsuesque (pardon pour le néologisme), le végétal venant prendre la place du métal. Voilà pour les références, écrasantes certes mais dont la mention suffirait à garantir un spectacle de qualité (ce qui est d’ailleurs le cas!).

Origine, qualités remarquables.

L’histoire est sans doute trop simple et donne un sentiment de déjà vu : menace humaine sur la planète, nécessité de retrouver un équilibre entre l’homme et la nature etc. Notons néanmoins que le film déploie un univers original où la nature (plus précisément la forêt) est présentée au départ comme une menace pour l’homme. Le film avance de manière agréable même si le propos manque de complexité et de profondeur. Pour le reste, l’on retrouve ici un concentré de japanité avec cette idée centrale des philosophies asiatiques (taoïsme, shintoïsme) d’un esprit de la Nature et d’une circulation des énergies dont l’humain peut être le dépositaire et le réceptacle tout comme l’on croise avec plaisir esprits sylvestres, humour japonisant marqué et jolies nymphes…

Pour synthétiser, ça ne vaut pas un Miyazaki certes mais ce film est très bien fait, très agréable à regarder et l’on ne s’ennuie en aucun instant notamment grâce à ses qualités visuelles remarquables qui en font, in fine, une oeuvre pourvue d’un style et d’un souffle propres! A voir pour tous les amateurs de bons films animés!

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