sagas années 2000

Mission Impossible: III (2006)

De J.J. Abrams. Je l’avoue, je suis allé voir Mission Impossible 3 pour deux raisons: mon goût pour les grosses productions bien ficelées et pour le génial JJ Abrams créateur de Lost et du non moins extraordinaire Alias, série d’espionnage qui avait dépoussiéré le genre, relégué, selon moi, bien loin les james bonderies.

Maîtrise des codes espionnages, actions

La force de la démarche d’Abrams était d’imposer pour sa série des modes d’écriture, de production et de réalisation empruntés au cinéma. Le choix de Tom Cruise producteur était en regard de cette démarche doublement pertinent: Abrams connait l’univers série dont est issue Mission Impossible et maitrise parfaitement tous les codes du genre espionnage/action, il pourrait donc faire pour le cinéma ce qu’il a fait pour la télévision…Le film pourrait en cela se lire et se regarder par rapport à sa série Alias. On retrouve en effet un mode de narration propre à son univers et des thématiques qui sont au centre de ses séries (Lost compris): le thème évident du masque fortement présent dans le film et qui permet de multiples jeux sur l’identité (autre constante) entraînant alors rebondissements et retournements de situation; la réflexion sur la confiance aveugle et l’opacité des histoires personnelles à l’intérieur du couple; la réversibilité des positions (le sauveteur sauvé, le torturé qui torture à son tour et grande spécialité du maître le trompeur trompé)… Tous ses éléments présents aussi bien dans le film que dans les séries créent une véritable identité artistique qui transcende largement l’opposition télévision/cinéma.

Mission impossible III, centré exclusivement sur Tom Cruise

Ainsi, qu’apporte l’homme de télévision? Sa contribution la plus importante (et pourtant la plus plate et attendue) est de créer une psychologie (familiale, conjuguale) au personnage d’Ethan qui n’est dés lors plus un simple archétype mais un individu avec ses faiblesses, ses tourments (voir la scène d’ouverture) et son propre roman personnel (héritage du feuileton donc, quand l’histoire d’un personnage s’étale sur un certain nombre d’épisodes). Ici pourrait d’ailleurs se glisser le reproche prévisible qui veut que la faiblesse du film soit de se centrer exclusivement sur Tom Cruise. Autant le dire tout de suite, cela ne m’a pas gêné le moins du monde puisque je fais une démarcation radicale entre l’homme et l’acteur mais refermons la parenthèse! L’autre apport majeur d’Abrams est la densité narrative, dramatique et donc rythmique du film: il se passe toujours quelque chose, les rebondissements sont légions (d’où une acceptation nécessaire de certaines invraisemblances et facilités) et le film se rapproche en cela du feuilleton à travers cette densité d’événements. La forme épouse d’ailleurs ce parti pris: la spécialité d’Abrams, commencer par la fin sans la conclure, placer d’emblée le spectateur dans l’attente d’une résolution qui ne sera jamais celle attendue ou annoncée; autre trait scénaristique cette fois, le choix de l’action in medias res, pas de long discours, on comprend l’action, ses enjeux au moment où elle se déroule. Ce qui prime, c’est le rythme d’où cette idée assez gonflée de ne pas révéler quelle est la fonction de l’objet convoité à la fin du film…

Des séquences d’action incroyable

Ceux qui ont adoré Alias (comme moi!) devrait, du moins j’espère, adorer ce film du fait qu’Abrams a su adapter au cinéma son style télévisuel, les deux media s’enrichissant l’un l’autre (ce que certains puristes regrettent justement!). Pour les autres, ce film sera au mieux un très bon divertissement au pire un film d’action assez vain… En cela, les reproches qu’on adressera au film seront peut être les qualités que j’ai pu y trouver. Ici, le goût personnel prime tant il s’agit d’un genre de production particulier. En tous cas, ceux qui l’ont aimé et qui n’ont jamais mis leur nez dans Aliasdevrait franchement s’empresser de le faire (je ferai bientôt un billet sur Alias…) car la parenté du film et de la série est évidente. Pour conclure, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre cette débauche d’effets narratifs et de séquences d’action incroyablement maitrisées. A conseiller à tous les amateurs d’un certain cinéma de pur divertissement qui peut néanmoins se révéler d’un grand intérèt dans l’évolution des formes et des pratiques. Pour les autres, passez votre chemin et n’allez surtout pas le voir pour le simple plaisir de critiquer Tom Croute, heu pardon Cruise…Ce monsieur Abrams sait donner du plaisir, encore faut il savoir le recevoir sans chichi!!!

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