Lovelace de Rob Epstein et Jeffrey Friedman

A Hollywood, on aime bien les fameuses « histoires vraies » censées faire exploser la vérité sur des histoires passées. Bien évidemment, l’histoire de Linda Lovelace, ex-superstar du légendaire Gorge Profonde, n’a pas manqué d’intéresser. Très honnêtement, il y a bel et bien un potentiel à exploiter. Malheureusement, pour ce faire, il faut un cinéaste qui n’a pas froid aux yeux à la barre. Le duo de réalisateurs, Rob Epstein et Jeffrey Friedman, opte vraisemblablement pour une vision édulcorée et lambda.

Le synopsis du film Lovelace

Synopsis : A la fin des années 60, Linda étouffe au sein de sa famille que sa mère, aussi rigide que ses principes religieux, dirige d’une main de fer. C’est une belle fille de 20 ans, prête à embrasser la vie avec enthousiasme malgré sa timidité et sa naïveté. 
Quand elle rencontre Chuck Traynor, elle ne résiste pas à son charisme viril, quitte le domicile familial pour l’épouser et fait auprès de lui l’apprentissage d’une liberté qu’elle soupçonnait à peine. 
Chuck la persuade de ses multiples talents et l’incite à se laisser filmer lors de leurs ébats. Amoureuse et soumise, elle accepte de jouer quelques scènes d’un film pornographique. 
Quelques mois plus tard, en juin 1972, la sortie sur les écrans de GORGE PROFONDE fait d’elle du jour au lendemain une star unique. 
Vivement encouragée par Chuck, Linda saisit à bras-le-corps sa nouvelle identité de reine de la liberté sexuelle.

C’est probablement le mot décrivant le plus le métrage : lambda. Lovelace se confond avec le reste du paysage cinématographique américain, noyé dans la masse de biopics plus insipides les uns que les autres. Tous les procédés passent pour retranscrire l’ambiance des années 60 et 70, notamment l’utilisation exagérée de musique. Si l’on ne va évidemment pas se plaindre des morceaux sélectionnés en eux-mêmes (quoique, un peu d’originalité ne fait pas de mal non plus), c’est davantage leur répartition dans le montage musical qui pose problème : trop, c’est trop. Le même genre de saturation que l’on ressent devant Blood Ties de Guillaume Canet. C’est un automatisme qui est souvent dommageable pour le film, surtout quand on n’a pas le talent de Martin Scorsese pour créer une piste musicale fluide ou sans lourdeurs.

Un film en manque de puissance cinématographique

Le film caractérise rapidement la famille de Linda Lovelace afin de créer le contexte de son départ : stricte et catholique. A nouveau, il aurait été plus intéressant de prendre davantage de recul, de montrer d’autres côtés. C’est un des problèmes récurrent du film : tout est plus ou moins décrit selon le point de vue de Linda. Bien évidemment, ce point de vue était valable, mais le ton du film est d’avoir une vision objective de l’histoire, ce qui crée un paradoxe.

Rien ne décolle véritablement dans le film. Par chance, il n’y a pas de fautes de goûts ou de mauvaise mise en scène, mais rien ne dépasse le convenu ou le prévisible. Une petite apparition de James Franco en Hugh Hefner nous intéresse l’espace de quelques minutes, avant de nous rendre compte que c’est quelque peu gratuit et que le personnage n’est pas utilisé. On regrette en permanence qu’il s’agisse d’un film décrivant le milieu du porno des années 70 de la manière la plus soft possible, sans nudité. Comment croire en ce qui est décrit ?

On s’interroge tout de même sur ce qu’aurait donné Lovelace s’il avait été traité par des cinéastes comme Larry Clark ou Harmony Korine. C’est tout ce qu’il manquait dans le film : de la puissance cinématographique, et surtout, une histoire qui raconte véritablement quelque chose. Tristement, on ne retient rien de cette histoire dans la mesure où nous n’avons finalement que faire du personnage de Linda. Si l’on ne s’est pas trop ennuyé, difficile tout de même de dire que le film divertira. Outre ce fameux potentiel gâché, on en retient simplement que Robert « T-1000 » Patrick et Sharon Stone sont désormais valables pour des rôles de vieux papa et vieille maman.

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