Indiana Jones et le Crane de Cristal

Indiana Jones est de retour… Le résultat est-il à la hauteur des attentes ? Indy porte t-il toujours aussi bien le chapeau ? Shia Labeouf est il le nouveau Jones ? Spielberg a-t-il réussi son tour de force tant attendu ? Que de questions… Près de 20 ans après le dernier épisode, Steven Spielberg et toute sa clique reviennent pour un épisode honnête et franchement divertissant qui devrait certainement ravir les fans. Un plaisir qui ne parvient pas toujours à couvrir ce profond sentiment de déception, croissant tout au long du métrage et qui ne sauve pas complètement cet Indy un peu vieillissant. Rien de bien grave, il s’agit là d’une impression certainement inévitable que de nombreux spectateurs devraient connaître à la sortie de la séance. Car il faut l’avouer, le contrat est rempli mais on aurait apprécié quelques clauses discrètes ajoutant du piquant au métrage. Dommage…

Le film Indiana Jones et le Crane de Cristal

  • INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRANE DE CRISTAL
  • Un film de Steven Spielberg
  • Avec Harrison Ford, Shia LaBeouf, Cate Blanchett, John Hurt, Ray Winstone, Karen Allen, Jim Broadbent, Andrew Divoff
  • Durée : 2h20
  • Date de sortie : 21 mai 2008

Alors que la guerre froide sévit, Indiana Jones échappe de justesse à une armée russe partie à la recherche d’une étrange relique renfermant un secret enfoui depuis des siècles. Trahi par son compagnon, soupçonné par le FBI d’être un espion, notre aventurier se retrouve quelque peu désemparé, c’est alors qu’il est contacté par un jeune adolescent fougueux sollicitant son aide pour retrouver la trace du professeur Oaxley disparu alors qu’il recherchait les traces d’une cité perdue enfouie depuis des siècles… L’eldorado. Indiana s’élance dans cette nouvelle aventure et la légende va soudainement devenir une troublante réalité.Les choses sont claires et ne passons pas par des chemins détournés : Indiana Jones 4 est une déception. Tant pour les fans que pour les néophytes, cet opus n’a pas les qualités requises pour satisfaire toutes nos attentes de grands aventuriers cinéphiles. Si le cinéaste américain parvient immédiatement à nous replonger dans un environnement cinématographique très 50’s aux allures de vrai film d’aventures d’antan, il tourne également son film avec la nostalgie des précédents épisodes. Alors forcément, les premières minutes nous excitent au plus haut point et les notes de musique se font autant désirer que l’arrivée de Jones se fait attendre. Le réalisateur prend un malin plaisir à dégainer une photographie impeccable et surexposée, à l’image des métrages des années 1980 et semble étrangement se cantonner à mettre en scène avec la même candeur qu’il y a 20 ans. Le film semble tout simplement tourné comme en 1990. Pas d’évolutions majeures dans la réalisation… Un comble ? Peut-être pas. Car si le cinéaste a en effet gagné en maturité sur ces 20 dernières années et semble s’être définitivement tourné vers un cinéma plus sombre et incontestablement plus complexe dans son découpage, cet épisode est avant tout un hommage et ne constitue pas une pièce maîtresse dans l’oeuvre du cinéaste. C’est un divertissement purement assumé et d’une efficacité redoutable (quoique essoufflée), Spielberg en est conscient, le spectateur doit l’être aussi.

Alors le plaisir ? Où est-il ? Nous retrouvons tous ses personnages et en découvrons de nouveaux à travers plusieurs séquences d’action à couper le souffle n’ayant rien à envier aux dernières grosses productions du même acabit… On retiendra notamment une course poursuite dans la jungle proprement incroyable où le surréalisme de la situation parvient à exploser dans une multitude d’idées géniales et d’effets visuels pétaradants. Soulignons d’ailleurs le travail extraordinaire effectué sur les effets spéciaux qui allient, à l’instar du dernier King Kong de Jackson, anciennes techniques et effets numériques. Le résultat fascine par son aspect old school et réussit le pari de ne pas sombrer dans la surenchère.

Au-delà de ces considérations métaphysiques sur l’avenir du fond bleu, tout ce petit monde semble prendre un malin plaisir à se retrouver dans des situations de crise plus improbables les unes que les autres néanmoins boostées par un humour bien présent mais quelque peu en retrait en comparaison des trois premiers. Résultat : on ne se marre pas des masses. Côté comédiens en revanche, on se marre sévère et on imagine facilement les conditions de tournages plutôt sympathiques pour parvenir à des scènes de baston et de poursuites franchement efficaces. Cate Blanchett cabotine à outrance et sort la carte de l’accent russe qui fait peur mais s’en sort avec les honneurs, Shia Labeouf est aussi transparent qu’irritant (svp monsieur Lucas, pas de spin-off) et… Et Ford et Allen méritent toute notre attention tant leur petit jeu amoureux est touchant et notre âme, sensible. Ford, toujours parfait, garde son flegme légendaire et sa seconde rencontre avec Marion vaut tout l’or du monde… cinq secondes de pur bonheur.

Là où le bât blesse c’est lorsque Steven Spielberg se mélange les pinceaux dans un scénario trop expéditif qui prend paradoxalement trop de temps à expliquer le pourquoi du comment et perd parfois un peu de son souffle sur la route. Sans en dévoiler trop, sachez simplement que les thèmes chers au cinéaste (paternité, connaissance…) se retrouvent ici impliqués dans un imbroglio familial où les fausses révélations se font attendre (mais qui est donc Shia ?) au coeur d’une intrigue très (trop) fantastique propice à une rencontre entre E.T et Indy… Le coeur du cinéaste balance entre ses deux icônes mais le résultat convainc difficilement. Autre gros souci majeur : beaucoup d’éléments dévoilés sur la toile ces derniers mois s’avèrent réels et le script de David Koepp ne parvient pas toujours à nous surprendre. Il serait donc temps messieurs les producteurs et distributeurs de faire attention à ne pas trop laisser couler les fuites… Elles seraient susceptibles de (tout) gâcher. Cependant, difficile de bouder son plaisir et ce quatrième épisode reste un excellent film d’aventures, divertissant et retentissant. Spielberg multiplie les clins d’oeil et se référencie à plusieurs reprises tout en faisant évoluer quelques unes de ses préoccupations d’auteur et de cinéaste.

Cet épisode d’Indy, assez pessimiste sur la nature humaine qui semble ne plus vouloir avoir accès à la connaissance et au savoir, distille quelques questionnements sur l’avenir de l’homme et son inconditionnelle quête d’autodestruction. Dans cet esprit-là, Spielberg en arrive également à détruire (lors de la séquence de la bombe nucléaire) l’environnement de la famille américaine moyenne, un microcosme qu’il avait lui-même analysé dans plusieurs de ses premiers métrages !Sans tomber dans l’auto analyse de son oeuvre, le réalisateur ajoute à son travail quelques interrogations sur la portée de son cinéma et rend cet Indy 4 plus intéressant qu’il n’y paraît. Une petite revoyure est donc nécessaire pour apprécier pleinement le métrage. Mais ce blockbuster devrait certainement ravir les fans et correspondre à certaines attentes même si, il faut l’avouer, nous attendions un peu plus d’originalité et de génie dans ce film mineur de Spielberg. Une petite déception mais un vrai plaisir tout de même. On ne va pas le gâcher…

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