Incident (Masters of horror, épisode 1)

Joe Dante, Dario Argento, Tobe Hooper, John Carpenter, voici quelques noms (les plus connus) qui participent à cette série de 13 épisodes d’une heure environ.Masters of horror se veut ainsi une anthologie de l’horreur laissant à chaque réalisateur carte blanche pour livrer une petite histoire à vous donner des cauchemars !

Attaque en pleine forêt, c’est l’Incident

Le premier épisode (le seul que j’ai vu, du moins pour l’instant) est confié à Don Coscarelli, réalisateur du déjà culte Bubba Ho-Tep . Il nous raconte l’histoire d’une jeune femme, attaquée en pleine forêt par un serial killer (un quoi ?…). Ce court résumé est à l’image de l’ensemble, parfaitement inscrit dans une esthétique et une narration respectant à la lettre les codes du film d’horreur. Le déroulement narratif est connu : accident, puis immédiatement, attaque par le tueur, course poursuite (avec quelques moments assez improbables et donc…amusants), séquestration au côté d’un personnage devenu fou et d’une galerie de corps putréfiés, libération, lutte entre les deux personnages etc… L’ambiance est elle aussi très respectueuse du genre : atmosphère nocturne, cadavres, scènes gores etc… Le réalisateur construit alors son personnage dans le seul rapport qu’il entretient avec le film d’horreur : en gros, vous ne savez rien de sa psychologie (ou du moins, sa psychologie sera sommaire), vous êtes plongé à ses côtés in medias res, en lutte avec le serial killer.

Incident, une thématique de la survie

Le film prend pour objet l’un des éléments structurels du film d’horreur : la thématique de la survie (le titre français est d’ailleurs La survivante). Le début joue sur une structure de récits enchâssés : le premier met en scène la jeune femme (Ellen) qui tombe amoureuse puis se marie à un homme adepte de l’autodéfense cherchant coûte que coûte à la rendre plus forte… Le second récit est celui de l’affrontement d’Ellen avec le serial killer, occasion de mettre en pratique quelques notions et techniques apprises par son mari. Or, au fur et à mesure que l’histoire avance, on découvre que le mari était bien peu tendre avec Ellen, allant même jusqu’à en faire une femme battue… On comprend alors que la lutte avec le serial killer renouvelle sur un plan métaphorique la lutte qu’elle dut mener contre son mari. Dans les deux cas, il s’agit de survivre dans et par delà l’adversité, quitte à devenir soi-même un bourreau. Le film multiplie dans son dernier tiers l’assimilation progressive de la victime à ses deux tortionnaires pour signifier la réversibilité des rôles et des positions.

En prenant pour thématique une notion, la survie, qui est tout à la fois un fondement du film d’horreur et une obsession sociale américaine, Don Coscarelli réalise une épure du genre où chaque principe générique est repris littéralement, très souvent au premier degré donc (malgré quelques moments d’humour). La réalisation parvient à faire monter la tension tandis qu’un montage mêlant différentes histoires et différents régimes cinématographiques brise la linéarité du film pour le rendre plus dialectique. En somme, ce premier opus n’avait rien de désagréable, pas un chef d’œuvre mais un honnête travail artisanal ! Vivement la suite et notamment les épisodes de quelques réalisateurs de renom !

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