Hot Fuzz (juillet 2007)

Dans Shaun of the dead, Edgar Wright s’amusait à pasticher le film de zombie en en reprenant tous les codes et en les traitant de manière burlesque et comique. Loin de s’assimiler à un simple travail parodique, le film devait plutôt se lire comme une déclaration d’amour à tous les films de zombies, genre qui n’a que très récemment gagné ses lettres de noblesse avec la réévaluation de l’oeuvre de Romero, désormais labellisé cinéaste engagé et politique. Avec Hot Fuzz (où l’on retrouve d’ailleurs le goût du gore), le jeune réalisateur anglais poursuit son hommage aux films de genre en pastichant allègrement tous les films de flics, de la série b (style Chuck Norris and co’) aux films hollywoodiens les plus récents (de Point Break à Bad Boys). Sa démarche se rapproche en cela de celle d’un Tarantino à la différence près que son œuvre est beaucoup moins référencée, beaucoup moins explicite et précise dans son usage des citations filmiques.

Hot Fuzz, un dépaysement géographique

Une nouvelle fois, le réalisateur joue la carte du dépaysement géographique : des Etats-Unis à Londres, puis de Londres au petit village de Sanford. Nicholas Angel (excellent Simon Pegg déjà présent dans Shaun of the dead, et aperçu dans MI3), flic super doué et efficace y est propulsé (pour le punir de sa trop grande efficacité !) : lui qui ne vit que pour l’action et le respect de la loi atterrit donc dans un village où apparemment rien ne se passe… Jusqu’au jour où d’étranges meurtres surviennent… Comme dans Shaun of the dead, le héros est accompagné d’un solide compagnonnage, fait de flics débiles, incompétents et stupides qui ne peuvent qu’entrer en conflit avec le parangon de vertu et de professionnalisme qu’il incarne. La richesse des seconds rôles (trait caractéristique du cinéma anglais) est sans doute la qualité première du film et permet de multiplier la nature des gags et ressorts comiques.

Accumulation de détails amusants, Hot Fuzz

Hot Fuzz est d’ailleurs so british : si les éclats de rire sont au rendez-vous, c’est bien plutôt l’accumulation de détails amusants, de petites déviations par rapport à la normalité ou au code filmique qui en font tout le sel comique. Le ressort comique essentiel réside ainsi dans la mise sur le même plan de toutes les réalités : on dégaine un stylo comme une arme, on se lance dans une course poursuite au cygne (si si je vous jure !) comme on poursuivrait un dangereux criminel etc. Sens de l’absurde et connaissance précise des codes filmiques se conjuguent pour créer une atmosphère de non sense qui finira dans une grande fusillade, aussi jubilatoire que tordante. Tout le mouvement du film ne tend d’ailleurs que vers cette apothéose : armer jusqu’au dent des petits flics de campagne, faire en sorte que le héros, refusant jusqu’ici les séductions des modèles cinématographiques, se décide enfin à assumer ce qu’il est : une pure image, un abstract de la cool attitude et du ban bang sur tout ce qui bouge, bref Le Flic comme on l’imagine ou plutôt comme Hollywood et le genre nous donnent à l’imaginer.

Vous pouvez donc situer le film quelque part entre les Monty Python et les Y a-t-il un flic… Riche d’une mise en scène inventive (au diapason du projet d’ensemble) et d’un casting efficace, Hot Fuzz est un très bon moment, parfaitement stupide et jubilatoire. Il est même possible d’y lire l’éternel moral sur le calme village qui cache en son sein…Mais je n’en dis pas plus ! Bref, même si l’effet de nouveauté du premier film est quelque peu atténué, le tout reste parfaitement efficace et amusant. Un agréable divertissement.

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