Hostel (mars 2006)

d’Elie Roth. Petit essai d’ethnologie du “jeune” américain voyageant en Europe.

Voyage en Europe

Le jeune américain est une espèce qui prolifère dans les films d’horreur et/ou gore. Lorsqu’il part en Europe, il recherche l’aventure. Il va donc à Amsterdam et comme tout jeune qui se respecte, fume de la drogue, va en boîte et visite le quartier des putes. Le jeune américain est guidé par ces hormones, alors, lorsqu’on lui proprose de partir en Slovaquie où les filles sont belles et faciles (rappelons que pour l’américain de base, l’européenne est chaude, très chaude, couche facilement et aime à montrer ses seins en toute occasion), il n’hésite pas une seule seconde. Bien sûr, la Slovaquie n’est qu’un repère de mafieux, où les flics sont corrompus, où les enfants volent et tuent, où la violence est courante. Alors comment le jeune américain peut-il s’étonner d’être kidnappé (ou plutôt d’être piégé par deux superbes jeunes femmes) et livré à une organisation qui le vend à des personnes ayant droit de vie et de mort sur lui ? Le jeune américain n’a pas de chance, les européens n’aiment pas trop les américains, alors ils sont par moment très méchants… Le jeune américain se fait ainsi découper, pointer, tronçonner, au fond de la cave d’un immeuble délabré qui représente assez bien ce qui reste du bloc communiste. Au moins, le jeune américain a cela pour se rassurer, sa civilisation à lui ne sera jamais aussi misérable que cette Europe de l’Est. Mais le jeune américain sait faire face devant l’adversité. Plutôt que de déclencher quelques frappes chirurgicales, il préfère se venger à l’ancienne: il tire, découpe, tue aussi bien que ses agresseurs. L’honneur est sauf.

Un très fort film

Décidément, Tarantino est un extraordinaire producteur. Réussir à faire passer ce film comme une réflexion sur ce qui peut ou pas être représenté, c’est très fort, vraiment très fort. Et tant pis, si en guise de réflexion, vous ne voyez que des gros plans de membres découpés, torturés, que vous avez, au passage, vu partout ailleurs. Cela faisait bien longtemps qu’un pays ne s’était pas fait dézingué comme ça dans un film (depuis Midnight Express). Ce qui est sûr, c’est que ce tissu de conneries, bouffi de stupidités, cousu de clichés plus débiles les uns que les autres ne donne pas franchement envie de partir visiter la Slovaquie… Heureusement, me direz-vous, qu’il reste un peu de misère en ce bas monde car comment aurait-on pu justifier une histoire où les personnages sont particulièrement patibulaires, laids et foncièrement mauvais? La misère, c’est un peu ça pour Quentin et Elie, un bon réservoir de possibilités et d’histoires gores. Quoi qu’il en soit, Hostel est une grosse merde joliment délocalisée. Tant d’inepties mariées à un propos qui réhabilite la loi du Talion (et oui, plus c’est méchant, plus t’as le droit de te venger, et ça le jeune américain, depuis le 11 septembre, il l’a bien compris) fait de ce film une réussite en terme de vide absolu. Mais, cette chose a ses adeptes, on annonce d’ailleurs le second volet, intelligemment baptisé Hostel 2. Alors, quelle destination pour celui-ci? Allez, SVP, viendez en France, on vous torturera à l’odeur du fromage et du rouge qui tâche, sans oublier la baguette qui peut avoir un usage des plus pervers…

N’en jetez plus ou plutôt si, jetez ce film que l’on ne serait voir…

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