Le film HomeFront de Gary Fleder

Rapidement devenu l’une des figures des actionners des années 2000, notamment à travers la série des Transporteurs, Jason Statham semble se plaire dans ce seul registre dans lequel on l’a rapidement enfermé.

Pourtant cela ne l’empêche pas d’en profiter complètement. Dans Bienvenue dans la jungle, Dwayne « The Rock » Johnson rencontrait au hasard d’un bar paumé Arnold Schwarzenegger qui lui passait le flambeau, de gros bras à gros bras. Statham lui a comme parenté adoptive l’homme qui incarnera à jamais Rocky ou Rambo sur le grand écran. Lui offrant une place de choix à ses côtés dans sa saga des Expendables, Sylvester Stallone marque encore son lien de filiation avec Jason Statham via Homefront, pure série B dont Stallone à signé le scénario. Devant y tenir le rôle principal, l’étalon italien laissera finalement sa place à son poulain pour aller casser des têtes dans le bayou.

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Une histoire particulière autour de Homefront

Car Homefront c’est l’histoire de Phil Broker, un ancien agent infiltré spécialisé dans les stupéfiants, dont la dernière mission au sein d’un gang de bikers typé Hell’s Angels de la Nouvelle Orléans s’est achevée avec la mort du fils du chef. Ce chef qui considérait Broker comme un fils jure de se venger un jour de lui. Pour se refaire une vie paisible loin de son travail, c’est dans la campagne reculée de la Louisiane que Phil s’installe avec sa jeune fille Maddy. Bien entendu, cet étranger mystérieux attire les regards et la méfiance des locaux. Il ne faudra pas longtemps pour qu’un couple ne le prenne en grippe et attire sur Phil et sa fille de plus graves ennuis que de simples querelles de voisinage. C’est avec l’intervention de Morgan Bodine dit « Gator » (James Franco) que les menaces sont mises à exécution, les intimidations laissant la place à des confrontations plus musclées encore.

Avec un tel scénario et sa vedette, Homefront est le digne représentant des films de vigilante où son héros se retrouve à devoir faire respecter la justice lui-même, les autorités locales ayant baissé les bras. Une chance que le personnage incarné par Jason Statham soit surentraîné pour faire face à cette bande de ploucs qui cherchent à imposer leur règles. Étonnamment, on retrouve une belle brochette dans cette famille de dégénérés congénitaux. D’une part, James Franco qui à enchaîné les rôles de tout type l’année dernière (du Monde fantastique d’Oz à Spring Breakers) qui surjoue à mort le redneck. Sa belle-sœur hétérochrome est tenue par Kate Bosworth (la Loïs Lane qui a vu le retour de Superman devant la caméra de Bryan Singer) et sa copine n’est autre que Wynona Ryder, camée jusqu’au bout des ongles. Car malheureusement pour lui, Gator n’est pas qu’une simple brute, mais il possède également un laboratoire de methamphétamine.

Coïncidence? Mais bien mal lui en aura pris que de s’attaquer à Jason Statham qui dessoude chacun de ses sbires en trois rafales de châtaignes bien placées. Même si l’histoire va pour s’en prendre à lui via ses proches, le héros de Homefront semble imbattable et invincible. Il est difficile de se dire à un moment que Jason Statham est en mauvaise position tant sa réussite semble implacable. Avec ce peu de suspense, on ne peut qu’assister à une hécatombe dépassionnée dans le camp adverse. Les bonnes idées ne manquent pas pour varier les situations. Les décors de la station service ou de la tanière de Gator sont bien exploités. Dommage que l’assaut de la maison des Broker n’ait pas donné lieu à un véritable siège comme dans Les Chiens de paille de Sam Peckimpah. On sent l’intention, mais le réalisateur Gary Fleder ne cherche pas à se mettre en danger en plongeant plus profondément  dans le fascisme lattent de l’histoire pour rester dans les codes de l’actionner moyen.

Homefront est un film d’action qui ronronne

Violent sans être sauvage, efficace sans être nerveux, Homefront est un film d’action qui ronronne. Sans pour autant en amener plus, il saura trouver son public, notamment chez les fans de Jason Statham. On regrette quand même que l’expérience n’aille pas plus loin qu’un direct-to-video au budget conséquent. Un rien aurait pu en faire un beau moment de cinéma de genre, comme ses nombreuses sou intrigues qui passent à la trappe au profit de la baston. Le meilleur exemple reste ce début d’idylle entre Phil et l’institutrice de sa fille. Tout est écrit dans ce sens jusqu’à ce que ce personnage disparaisse de la circulation en cours de route. Mais le film de Gary Fleder ne cherche pas à construire des personnages. Ce serait plutôt de rassembler des figures clichées bien éculées pour que Jason les aplatissent toutes à la fin.

Même dans le bayou, Jason Statham continue de buter des mecs. On aurait pourtant aimé que Homefront aille un peu plus loin que cette nouvelle aventure qu’on oubliera à peine sorti de la salle.

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