Fudoh (2001)

Avec Takashi Miike, aucun problème, vous savez toujours à quoi vous attendre précisément parce que vous ne savez jamais…à quoi s’attendre. Fudoh donc, présenté comme l’initiateur d’Old Boy (initiateur lointain selon moi…), adapté d’un manga, est une histoire de vengeance : un yakuza, père de deux enfants doit sacrifier l’un de ses fils à cause d’un échec lors d’une mission. Il le décapite sous les yeux du très jeune second (plan récurrent du film, la vision de l’horreur ouvre au récit de vengeance, le traumatisme est celui d’une impuissance qu’il faudra réparer). 10 ans plus tard, le jeune homme va se venger de son père et de la plupart des yakuzas concernés… J’ai souvent eu l’impression d’assister dans ce film à un grand n’importe quoi qui partait dans tous les sens et pourtant… Fudoh se laisse regarder avec plaisir grâce notamment à cette capacité propre à Miike à l’exagération, à l’aberration et en dernier ressort à la déréalisation totale de ce qui est raconté (ce qui ne signifie pas qu’un point de vue sur le réel soit absent). Ce parti pris est criant dans sa manière de filmer la violence : tout y est décuplé (jets de sang par exemple…), hyperbolisé à tel point qu’en effet, son esthétique tend à se rapprocher de certains mangas ou japanimes (l’usage des bruitages le prouve également). Il ne s’agirait en dernier ressort que de spectacle… Il est vrai que l’imagination est débordante, le plus bel exemple demeurant sans doute cette lycéenne qui attaque à coups de…sarbacane vaginale !

Fudoh ,la régénérescence à travers le sang et la violence

Petit à petit une certaine philosophie de la violence apparaît : elle est à la base de l’humanité et transcende largement toutes les catégories d’ages (d’où l’importance des enfants qui ne font ici que la reproduire à l’infini) et de sexe (d’où l’hermaphrodite…). Tout au long du film, le personnage principal (le dénommé Fudoh) insiste sur l’idée que la régénérescence ne peut passer qu’à travers le sang et la violence, c’est-à-dire qu’à travers la bestialité qui est une part constitutive de l’homme… Pourtant, une seconde ligne discursive traverse le film et se résumerait ainsi : la violence et la vengeance n’engendrent que violence et vengeance… En ce sens, l’opposition des deux lignes ne fait que renforcer le rôle structurant et fondateur de la violence.

Bref, décalé, déjanté, dépaysant, voilà quelques adjectifs qui pourraient convenir… Mais selon moi, bien inférieur à Old Boy

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *