Freddy 2010 Vs Freddy 1984 : ça clashe sévère!

La palme d’or du remake pourri revient à…. Samuel Bayer (d’ABsolute Garbage, le bien nommé) avec Freddy! La palme d’Or de l’acteur remake qui n’est pas fichu d’arriver à la chaussette brûleée de l’acteur original est attribuée à… Jackie Earle Haley (Watchmen)!

Les raisons du désastre dans la critique inside!

A Nighmare on Elm Street (Les Griffes de la Nuit), de son doux nom d’époque, avait fait sensation avec son croquemitaine brûlé au 16e degré, fière icône de la mode des années 80, avec son pull à grosses rayures rouge et vertes et son humour corrosif.

Quelques 10 années et 7 épisodes plus tard, le filon semblait tari, Freddy ayant traumatisé suffisamment de générations d’adolescents de Springwood (la plupart d’entre eux décédant de mort naturelle…ment atroce). Néanmoins, c’était sans compter sur un improbable (mais terriblement excitant) Freddy Vs Jason de Rony Liu, qui débarqua en 2003 sur nos grands écrans. Après ce boogeyman Vs boogeyman, dur de renouveler les idées. Sauf à rénover le mythe au travers d’une révision que personne ne réclamait – mais qui était inévitable – vu cette absurde et si peu convaincante mode du remake.

Alors, quels éléments ont conduit à un tel échec?

Tout d’abord, l’approche des producteurs n’était pas la bonne: soit disant amateur de ce personnage, ils ont voulu le rendre “plus réaliste”… Freddy Krueger, un assassin sadique qui vit dans les rêves pour torturer de la pire des manières les descendants d’Elm Street pourrait être plus ou moins “réaliste”? Si vous voyez un sens à ce propos, merci de le faire connaître à Kinomax!

Ensuite, s’affranchir de l’avis de Wes Craven fut une décision malvenue de la New Line: le bébé de ce ténor de l’horreur avait un style, une personnalité, une logique. Ne pas en tenir compte était prendre le risque d’une rupture avec les fans de la 1ère heure, sans garantie de trouver le ton juste qui sied à notre époque. Et bien sûr, ça ne rate pas, les choix scénaristiques (raconter l’origine de Freddy en quelques scènes, sans laisser planer de mystère) et les facilités d’écriture (les “micro sommeils” qui justifient qu’on ne sait plus si les personnages sont éveillés ou endormis, alors même qu’il nage par exemple dans une piscine!!) sont les preuves les plus visibles d’une faiblesse qu’un digne héritier de Wes Craven n’aurait jamais permis…

Dans le même ordre d’idée, belle erreur que de confier la réalisation à Samuel Bayer, un gars probablement sympathique mais qui n’a jamais aimé la franchise (excepté le 1er volet) et surtout qui n’a jamais rien prouvé, faute d’en avoir jamais eu l’occasion: c’est son 1er long métrage! A la rigueur, on peut laisser le bénéfice du doute à quelqu’un en qui des producteurs ont confiance, mais difficile de se faire une opinion “a priori” positive lorsque ledit gars refuse intégralement le projet avant de céder face à l’intervention ô combien divine (et pleine de dollars ?) de Sir Michael Bay. Le résultat ne se fait pas attendre: c’est plat, insipide, sans relief, bref, du light zéro sans sucre ni caféine! Oubliez le vice, la perversion et l’humour noir naissant du volet d’origine.

S’agissant d’humour et de perversion, Jackie Earle Haley a certainement montré toute l’étendue de son talent en interprétant superbement Rorschach dans l’excellent Watchmen, mais son personnage de Freddy manque cruellement de tout, sauf de mauvais maquillage! Avec sa tête de Monty Burns (Les Simpsons), on dirait un mérou trop cuit qui tenterait vainement d’articuler des mots. On regrette que le délire de Robert Englund ait laissé place à tant de placidité. Mais encore une fois, pouvait-on espérer autre chose venant d’un acteur qui avoue ne pas avoir été amateur de et qui concède qu’au mieux, la série d’origine l’avait interpellé? Heureusement que sa voix rauque (non trafiquée) lui donne un minimum de cachet.

Je passe enfin les autres personnages qui n’ont aucun intérêt, en particulier Nancy Holbrook jouée par une Rooney Mara qui n’arrive pas au poil de cheville de Heather Langenkamp. Dommage, vu l’importance que prendra Nancy dans la série. En conclusion: un film sans saveur qui ne prend aucun risque au point de le rendre parfaitement inutile.

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