La fin absolue du monde (Masters of horror, ”Cigarette burns”, Saison 1 épisode 8)

Voilà sans doute l’un des épisodes les plus réussis de la série Masters of horror, ce qui n’a rien d’étonnant puisque c’est John Carpenter qui en est l’auteur. Dés les premières images, on retrouve sa touche inimitable : ambiance tout en clair obscur, petite musique qui fait monter le mystère, dialogues qui renforcent l’étrangeté de la situation… Kirby Sweetman (on appréciera l’ironie du nom au regard du dénouement) est engagé pour retrouver une bobine perdue, celle d’un film rare « La fin absolue du monde », qui n’aurait été montré qu’une fois et dont la rumeur dit qu’il aurait provoqué une poussée meurtrière chez ses spectateurs…

“La fin absolue du monde” a du style

L’épisode prend donc la forme narrative de l’enquête, d’une collecte d’indices qui mèneront Kirby à cette maudite bobine. Chaque rencontre devient l’occasion de gloser sur son pouvoir et en creux de révéler toute la fascination que produit le cinéma sur son spectateur. Car, ici, Carpenter s’amuse à déclarer son amour pour le cinéma dans une histoire par moments franchement gore et violente (de belles giclées d’hémoglobine et une scène qui a….des tripes…). Au gré de l’enquête, on voit ainsi défiler différents métiers qui participent à l’élaboration d’un film (le réalisateur, l’acteur, le producteur, le projectionniste) comme si Carpenter s’amusait à décortiquer et à rendre hommage à chaque rouage de la machinerie.

Cet épisode était parfaitement intriguant, jonglant entre différents univers référentiels (des films muets à l’expressionnisme allemand, des films d’horreur au cinéma d’épouvante asiatique) pour livrer une jolie réflexion sur le pouvoir du cinéma qui est tout autant pouvoir de vie que de mort, le spectateur n’étant jamais très loin d’abandonner sa conscience sous le poids du spectacle projeté…On ne s’étonne pas non plus de constater que Carpenter semble se placer lui-même comme le sujet du film, faire de son œuvre un musée que l’épisode visite de fond en comble.

Bref, un épisode qui a du style, qui saigne, et qui, bien évidemment, se regarde dans le noir !

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