Le film Dallas Buyers Club de Jean Marc Vallée

En à peine deux ans, Matthew McConauphey s’est refait une carrière après une l’ongle traversé du désert. Dans les années 2000, l’acteur accumulait les premiers rôles dans des comédies romantiques (Playboy à saisirHanté par ses ex) ou des blockbusters qui se sont crachés au box office (Le Règne du feuSahara). Néanmoins, il n’était jamais arrivé à percer dans des grands rôles dramatiques susceptibles de lui faire décrocher des prix. Grâce à Steven Soderbergh, William Friedkin et Jeff Nichols, Matthew McConauphey est devenu aujourd’hui l’un des acteurs les plus convoités d’Hollywood. Avant d’être la star du mystérieux Interstellar de Christopher Nolan, il est actuellement dans Dallas Buyers Club, mis en scène par le réalisateur canadien Jean-Marc Vallée qui se débrouille aussi bien en Français qu’en Anglais. Deux ans après dirigé Vanessa Paradis dans son Café de flore, Vallée revient en Amérique avec ce projet qui aura longtemps erré sans passer à l’écran.

[amazon_link asins=’B00IXJFIXO,B00YZH1NBE,B00VINR9RK’ template=’ProductCarousel’ store=’clapmovie0e-21′ marketplace=’FR’ link_id=’66556e52-6339-11e7-9cee-2bbaf46b9a18′]

L’histoire du film Dallas Buyers Club

Synopsis : 1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.

Encore une histoire vraie que le cinéma américain raffole, Dallas Buyers Club raconte le parcours assez inattendu d’un texan contaminé par le Sida qui va décider de se lancer dans une lutte économique, à son échelle, contre l’association officieuse entre les laboratoires pharmaceutiques et les instances gouvernementales des États-Unis en charge de la santé. Cette mouture spéciale années 1980 de David contre Goliath est déjà passée entre de nombreuses mains avant d’arriver entre celles de Jean-Marc Vallée. Le premier sur le coup avait été le regretté Dennis Hopper qui devait mettre en scène Woody Harrelson dans le rôle principal. Brad Pitt et le réalisateur Marc Forster (le duo derrière World War Z) ainsi que Ryan Gosling et Craig Gillespie avaient aussi laissé passer leur chance de l’adapter. Ce n’est qu’en 2013 que le long-métrage sur le combat extraordinaire de Ron Woodroof se fera finalement avec Matthew McConauphey pour l’interpréter.

L’acteur Matthew McConauphey toujours au top

Adepte du rodéo, Ron Woodroof est ce qu’on pourrait appeler « un vrai mec ». Stetson, santiags, moustache et jurons, il est l’archétype même du manly man américain, trainant tous les clichés bien misogynes sur les femmes et les homosexuels avec lui. Ressentant une grosse fatigue, Woodroof se rend à l’hôpital où on le diagnostique séropositif. En bon beauf du Texas, il réfute en bloc cette maladie plus spécifique aux « pédés » et qui le condamne à un sursis de 30 jours, tout au plus. Il ne se laisse pas abattre et tente de trouver un moyen de prolonger son existence. Il découvre alors qu’à l’époque les États-Unis n’homologuent pas des traitements contre le Sida qui ont été prouvés efficaces en Europe, car les géants du médicaments ne pourront faire de profit si jamais ces derniers sont autorisés. De plus, l’un des rares produits préconisé dans les hôpitaux américains est plus toxique qu’autre chose. Ron Woodroof monte alors une entreprise frauduleuse, le Dallas Buyers Club, qui permettra aux malades du Sida d’accéder à des traitements moins nocifs pour ce qu’il leur reste de santé.

Dans cette bataille, l’homme qu’il a toujours été va d’abord se confronter au regard des autres. Le considérant comme homosexuel, ses anciens amis le rejettent et ce n’est qu’auprès de gays, lesbiennes et autres travestis que Ron Woodroof trouvera malgré ses préjugés tenaces du soutien et de l’admiration. Son premier allié et partenaire commercial est Rayon. Ce travesti contaminé par le virus est tenu par un Jared Leto méconnaissable qui marque ici son retour au cinéma après quatre ans d’absence (son dernier rôle étant dans le Mr. Nobody de Jaco van Dormael). Alors que rien ne semblait un jour les réunir, Ron a besoin de Rayon pour se faire connaître dans le milieu homosexuel de Dallas, afin de pouvoir revendre à un bon prix les médicaments considérés comme illégaux. Bien qu’il ne l’avoue jamais, le travail commun avec Rayon se transforme avec le temps en amitié, la trentaine de jours restante pour Ron s’étirant presque à six années.

Un Oscar du Meilleur acteur pour Matthew McConauphey

Impossible de réfuter la nomination à l’Oscar du Meilleur acteur Matthew McConauphey pour cette performance autant dramatique que physique. A l’instar d’un Christian Bale, Matthew McConauphey a perdu près de 22 kilos pour devenir Ron Woodroof. Jouant à fond sur son accent texan naturel, l’acteur devient l’atout majeur de Dallas Buyers Club et sauve avec Jared Leto l’entreprise de Jean-Marc Vallée. Car bien que cette histoire soit très émouvante et qu’elle ait fait bouger en son temps les choses au niveau de la loi américaine, le film possède un gros problème de rythme avec ses 1h57. La sensation s’en ressent d’autant plus que le reste du casting n’est pas toujours au niveau de McConauphey et Leto qui placent la barre très haut. On pense particulièrement à Jennifer Garner qui, malgré tous les bons sentiments qui l’animent, semble ailleurs et à beaucoup de mal à faire émerger la moindre émotion de sa part.

Matthew McConauphey excellent sauve Dallas Buyers Club des canons du film indépendant américain sur une histoire vraie. Reste un film sympathique et assez touchant.

Dallas Buyers Club dans les salles le 29 janvier 2014 avec UGC.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *