Le film Angélique de la réalisatrice Ariel Zeitoun

Il nous est à tous arrivé de sortir d’un film en ne l’ayant pas aimé. Mais au fond de nous, on n’arrive pas totalement à le détester, car on en sauve quelques petites choses, qui ne valent certes pas grand-chose, mais qui nous font penser que dans d’autres circonstances, on aurait pu l’aimer. Pourquoi parler de ceci pour commencer la critique d’Angélique ? Tout simplement parce qu’à l’inverse du genre de films dont je viens de parler, ici, il n’y a strictement rien à sauver.

L’histoire du film de Ariel Zeitoun

Synopsis : Le destin incroyable d’Angélique : une jeune fille aussi belle qu’insoumise, qui trouvera dans son amour pour Joffrey de Peyrac la force de combattre l’injustice et la tyrannie dans un siècle en proie aux luttes de pouvoir, aux inégalités et à l’oppression…

Par quoi commencer pour décrire le désastre total qu’est cette version 2013 d’Angélique ? Soyons généreux, et allons-y en douceur, pour aborder le seul point positif du film : son actrice principale, Nora Arnazeder, qui semble être la seule personne à croire au potentiel de ce long-métrage. Sa conviction est telle qu’elle arriverait presque à en faire oublier le comique involontaire des dialogues qu’elle récite. Oui, « presque ». Car si l’actrice semble sincère dans sa volonté de faire revivre la figure d’Angélique, cela semble très compromis lorsque le script lui indique d’affirmer tous les quarts d’heure qu’elle est une femme libre, surtout dans des situations aussi kitsch.

Et ne parlons pas du reste du casting, totalement à côté de la plaque. Que ce soit Gérard Lanvin, Matthieu Kassovitz (qui hérite pour sa première scène de l’introduction la plus WTF de l’année) ou Tomer Sisley, tous semblent souffrir et se demander ce qu’ils font là. Qu’ils se rassurent : le spectateur aussi. La palme du ridicule venant quand même à la personne qui a eu l’idée de génie de caster des acteurs étrangers pour des rôles-clés (comme celui de Louis XIV, tenu par David Kross, le jeune Reader du film de Stephen Daldry), et de faire doubler leurs dialogues en post-synchronisation pour un résultat des plus consternants.

Un film très pourrie ! sa on doit le reconnaître

Du côté de la mise en scène, la laideur est là encore de mise. Ariel Zeïtoun oscille entre une suite de champs/contre-champs des plus banales, avant de vouloir se prendre dans la minute qui suit pour le Guy Ritchie français du pauvre. Impossible de ne pas penser à la vision du réalisateur anglais pour ses Sherlock Holmes en voyant tous ces travellings et ces zooms exagérés pour moderniser son œuvre. Sauf qu’ici le résultat final est ridicule, et le montage ainsi que la photographie augmentent encore plus le désastre qui se déroule devant nos yeux.

Deux heures et demie de pur calvaire, voilà ce qu’est cette version 2013 d’Angélique, qui se clôture d’ailleurs sur le cliffhangher le plus risible de l’année. Un gâchis révoltant quand on pense au coût faramineux du film : 15 millions d’euros. Imaginez combien de films tellement meilleurs que cette Angélique auraient pu être faits avec 15 millions d’euros. Dans tous les cas, ce remake clôt une année déjà bien morose pour le cinéma français d’une exécrable manière.

Angélique dans les salles le 18 Décembre 2013 avec EuropaCorp Distribution.

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