Dreams in the witch house (Masters of horror, Episode 2)

De Stuart Gordon. Excellent épisode de la série Masters of horror qui jongle habilement entre différents éléments propres à l’univers des films d’épouvante. Walter, étudiant en physique, loue une chambre bon marché dans une maison lugubre et délabrée. Hanté par des cauchemars mettant en scène une sorcière et un rongeur à tête humaine, il comprend petit à petit qu’ils n’appartiennent peut être pas complètement à son imagination. Alors, perte totale de contact avec la réalité ou histoire paranormale 

Dreams in the witch house, un suspense parfaitement maîtrisé

Le film prend pour décor un cadre hyper connu : celui d’une maison hantée et maudite filmée comme un être vivant qui n’en finit pas de dépérir (couleurs sombres, lumières blafardes, mobilier d’un autre temps…). La discipline qu’étudie Walter ne doit rien au hasard. Physicien, il connaît mieux que quiconque la formule la plus célèbre de l’histoire de la physique, E=MC2 qui renvoie alors à la théorie de la relativité que le film va explorer et utiliser comme moteur narratif. En effet, tout est ici affaire de passage d’une dimension à l’autre, d’un niveau de réalité à l’autre et donc, d’une temporalité à l’autre. Walter se retrouve embarqué dans un univers et un temps qu’il ne maîtrise pas même s’il parvient, grâce à ses connaissances, à lutter contre la sorcière qui vient le hanter… Convoquant rites et iconographie satanistes, mythe de l’Eternel retour, Dreams in the witch house se construit sur un suspens parfaitement maîtrisé, qui progresse en suivant les doutes puis les certitudes de Walter. Dépourvu de happy end, profondément pessimiste quant à la capacité sociale d’intégrer l’étrange à sa propre marche, le film parvient de manière très littérale (encore !) à susciter peur et mystère. Combinant de multiples éléments hérités du genre (possession, sorcière, paranoïa etc), l’épisode se laisse regarder avec beaucoup de plaisir, notamment grâce à une réalisation soignée et maîtrisée d’un bout à l’autre…

Avant de finir, juste un petit coup de gueule pour l’éditeur de ces Masters of horror : vendre 19 euros un DVD qui ne contient qu’un seul épisode (en gros entre 50 minutes et 1 heure) alors même qu’il aurait pu en contenir deux ou trois, c’est vraiment prendre le consommateur pour une vache à lait… Faire du fric sur le dos du spectateur (il n’y a qu’à voir les prix des DVD traditionnels) est une habitude mais là, on a vraiment la sensation qu’on nous prend pour des cons. De là à ne plus s’étonner que certains soient tentés de les télécharger illégalement, il n’y a qu’un pas…

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