Die hard 4 :retour en enfer (juillet 2007)

De Lens Wiseman. On l’avait laissé il y a 12 ans après une journée bien remplie où il avait comme à son habitude botté quelques fessiers, explosé quelques dizaines de voitures et sauvé la ville de New York. Pour un seul homme, il faut bien avouer que c’est plutôt pas mal… John Mc Lane n’a pas changé ou très peu, il a vieilli, certes, il a un peu de mal à s’entendre avec sa fille, c’est vrai, il a même délaissé ses marcels prêts du corps… Mais dans l’action, c’est toujours le même : il peut à lui tout seul dessouder une bande entière de terroristes, attaquer un hélicoptère à la voiture (si si, je vous jure) et bien évidemment saupoudrer le tout de vannes trop classes… Si John n’a pas changé, c’est le monde qui lui a changé. Comme le dit le grand méchant, on est passé à l’ère du numérique, du digital bref du danger déréalisé. Le monde, c’est aussi celui d’après le 11 septembre, la menace y est diffuse, étendue, insaisissable : là où les épisodes précédents se concentraient en des lieux quasi uniques (la tour, l’aéroport, la ville), celui-ci privilégie le mouvement et l’espace. De même, les ennemis venaient auparavant de l’extérieur, ils sont aujourd’hui au cœur même de la Nation, le danger vient de l’intérieur et ce n’est pas la moindre des roublardises de voir les précédents présidents des Etats-Unis, par un montage amusant et une excellente idée, affirmer qu’ils sont eux-mêmes la cause du bordel à venir…

Die hard 4: film d’action plus fort

Ce Die hard 4 m’est apparu pour un temps extrêmement intéressant par l’opposition entre deux temps et deux mondes : d’un côté, le héros old school, physique, incarnation de la tradition et du film d’action passé, de l’autre, un terrorisme moderne, informatique, pleinement ancré dans son époque et dans le virage qu’a pris le film d’action avec ses geeks et ses hackers tous plus forts les uns que les autres (virage encore plus visible dans les séries télé où le personnage de geek est devenu un véritable stéréotype). Le film marque la rencontre de ces deux pôles et le tandem de Mc Lane avec le hacker qu’il a sauvé représente cette hybridation des genres et des époques. Quel sera le trajet du film ? Précisément d’illustrer comment c’est le vieil héros qui fera échec aux nouveaux terroristes ou comment c’est une nouvelle fois le principe de réalité physique qui viendra déjouer le cyber terrorisme (autrement dit, le coup de poing dans la gueule serait plus fort et efficace que le piratage informatique…) : on peut avoir tous les services informatiques du monde, on aura toujours besoin de ce bon vieux flic pour aller botter des culs … C’est pourquoi la promo du film a mis l’accent sur son caractère old school et sur le refus d’employer systématiquement le numérique : les scènes d’action sont la plupart bien réelles (donc particulièrement hallucinantes par moments, voir la fameuse scène de l’hélico) et tournées sans effets spéciaux digitaux, il s’agit donc de marier la tradition d’une forme et d’une pratique à un scénario éminemment moderne et incroyablement ancré dans son époque, les références au 11 septembre et à ses conséquences abondant. Le projet global était donc particulièrement malin et intelligent, dans sa volonté de penser l’héritage que constitue la trilogie, les conséquences qu’elle a eu sur le genre film d’action et surtout sur la manière dont Mc Lane pourrait revenir dans un genre qui a aujourd’hui bien changé, notamment grâce à l’apport du cinéma asiatique (d’où la réplique géniale « tu me fais chier avec ton kung fu » et la présence du terroriste yamakazi…). Il fallait bien marquer le décalage du personnage et en faire précisément la condition de sa réussite…

Une intrigue prévisible dans Die Hard

Die hard va encore plus loin dans l’action que les précédents : même pas 5 minutes pour présenter un Mc Lane vieilli et sa fille (nécessaire à la bonne marche du scénario) et pour basculer dans l’action qui ne s’arrêtera dés lors jamais. La logique du blockbuster est parfaitement comprise : toujours plus, toujours plus fort, toujours plus d’explosions, de scènes improbables pour assurer au film un caractère franchement réjouissant et jouissif… Malheureusement, cette logique du plus a son mauvais côté : finis les moments de latence des épisodes précédents (vous savez quand John se répétait à lui-même, « réfléchis, réfléchis ! »), fini le primat accordé à l’aspect tactique et stratégique de l’action. Il s’agit d’aller tout droit, d’éclater le plus de voitures et de méchants, de faire la maximum de dégâts. Si le plaisir est bien réel, les bons aspects scénaristiques précédemment évoqués se diluent assez rapidement pour laisser place à une intrigue bien évidemment prévisible (l’enlèvement de la fille de Mc Lane, le hacker peureux qui devient courageux etc.). C’est sans doute le prix à payer pour assurer le succès de la suite, succès mérité si l’on veut bien considérer l’importance et la qualité constante de la série.

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