Die Hard 4 pourquoi le film est mauvais ?

J’utilise rarement le terme « mauvais » pour un film, mais là, je trouve que le qualificatif est bien trouvé.
Alors pourquoi mauvais ? Pourquoi la première chose que j’avais envie de faire en sortant du ciné était d’aller voir Len Wiseman et de lui faire bouffer le sol et lui faire ravaler sa soi-disant intelligence? (Wiseman = Homme malin en anglais).

Le film Die Hard 4

Déjà, Môssieur voulait faire une suite à Die Hard, en plaçant ici et là quelques hommages au fans (l’agent Johnson, bien appuyé pour que le spectateur comprenne, le fait de répêter « je veux votre attention », toujours bien appuyé parce qu’on est trop con pour remarquer la « remarquable référence ») et selon la bouche même de Bruce Willis « se voulant surpasser les deux derniers ».
C’est clair que là, le film surpasse le deux en terme de médiocrité.

Déjà, j’ai énuméré le fait de vouloir placer des références aux trois premiers, genre en reprenant même les dialogues du deux comme : Le méchant parlant à Lucy McClane sans que celui-ci puisse faire quoi que ce soit (l’avion qui s’écrase dans le deux) ou John répétant que c’est tellement bien de se prendre des coups. A aucun moment, cependant, il n’est fait mention des phrases « Like a Clockwork » ou « we need a miracle » prononcées dans CHAQUE Die Hard. Pas de référence non plus au camion « Atlantic Express » ou « Pacific Express » présent dans le premier et le troisième Die Hard (alors que les méchants se déplacent en camion ! Allez ! Juste un écriteau ! Ça prend deux secondes !).

On passe sur le méchant qui constitue une menace bidon, même John n’en a pas peur. Et on se demande maintenant POURQUOI ce film, se voulant hommage à la série, ne reprend MÊME PAS les règles du genre ?
Quid de l’unité de temps ? Le film s’étend sur, en gros, deux jours, et d’ailleurs, le fait de commencer le film le jour de la fête de l’indépendance, n’a aucune conséquence sur la suite du scénario.
Quid de l’unité de lieu ? John se déplace (en voiture) de Philadelphie à Washington, de Washington à Baltimore et de Baltimore à Woodlaw, qu’on ne sait même pas où c’est.

John McClane devient même un surhomme, saignant presque peu, et arrivant à terrasser un jet à mains nues (si si).

Quand à parler du méchant, parlons aussi de la menace. Je l’ai déjà dit, cette menace est bidon. Bidon parce que déjà l’explosion du Capitole est une fausse explosion (je sais, je dévoile un truc), bidon parce que, à part tuer des gens avec un flingue, la menace est « On va éteindre toutes les lumières et on va changer les feux ». C’est-à-dire, une menace réglable en quelques jours. Certes, y’aura le bordel un moment, mais y’a pas mort d’homme (les carambolages ne font aucun mort).

Reste le rythme. Bien entendu, le rythme est inexistant. Par le fait, premièrement, qu’il n’y ait pas d’ultimatum. Ensuite, par le fait que le manquement des deux unités (lieux et temps) fait qu’on s’ennuie très rapidement.

Je vous fait le scénario du film en quelques secondes :
John part chercher un type en voiture, il tue des méchants. Il part ensuite à Washington où il découvre un peu la ville et casse un hélicoptère. Là il se dit « tiens, on va rouler encore un peu », donc ils roulent jusqu’à une centrale électrique, où il tue à nouveau des méchants.
Il part en hélicoptère à Baltimore, discute un peu avec Kevin Smith, et va dans un lieu que le méchant avait construit à la vue de tous, mais tous se disent « ah bah mince, il est là ».
Après être allé dans ce lieu, et avoir tué un ou deux méchants, John roule en camion (des heures) et se bat contre un jet. Enfin, il retrouve la base du méchant à deux pas de là.

Voilà voilà, le tout espacé sur 2h15 de film. Certes, ça change du « Une bombe explose, John porte une pancarte en plein Harlem et est pris à parti par un groupe de jeunes, puis il trace en taxi jusqu’au commissariat, court vers une cabine, traverse le parc en taxi, grimpe sur un métro, évite une explosion dans le métro » : le tout sur une durée de 45 minutes.

Enfin, et gros enfin, les Die Hard Impairs se sont toujours placés en temps que Piliers du Cinéma d’Action. Le premier étant une première date dans le film d’action, créant son propre genre, le troisième étant une nouvelle date dans le film d’action, remodifiant encore le genre.

Je vous rappelle que le dernier pilier du film d’action était atteint avec Mission Impossible III, et ici, le dernier Die Hard n’arrive même pas à 1/10 de l’adrénaline de ce film.
Et en plus, ici, John McClane semble n’apparaître que 30 minutes dans tout le film, avec cette sorte de remake de Last Action Heros avec Justin Long à la place du gamin qui regarde le héros se battre.