Critique : Thirst ceci est mon sang de Park Chan-wook

Auréolé du prix du jury au Festival de Cannes 2009 ; Thirst de Park Chan-Wook est enfin arrivé sur nos écrans cette semaine. Ce film est sans doute le plus personnel de Park Chan-Wook. Cela faisait 10 ans qu’il voulait réaliser ce film de vampires. D’ailleurs dès le tournage de Joint security area, le réalisateur avait demandé à l’acteur Song Kang-Ho de tenir le rôle phare de ce film.

L’histoire du film Thirst ceci est mon sang

Avec Thirst, Park Chan-Wook fait un subtil mélange entre l’amour, la violence, la vengeance, l’érotisme,le pardon et bien d’autre encore. Cependant, le début du film est une déception. En effet il m’a semblé vraiment très long et lent ; à tel point que je pensais avoir vu plus de la moitié du film à tort. Le rythme du début est lent, l’histoire se déploie petit à petit et le réalisateur se perd à trop vouloir développer ses personnages d’entrée. Le spectateur ressent donc un de l’ennui et on se demande vraiment quand le film va vraiment commencer.

À partir du moment ou la transformation de Sang-hyun est effective le film commence vraiment et Park Chan-Wook peut dès lors poser tet développer tous ces thèmes. On se rendra rapidement compte que l’amour et la manipulation seront le moteur du couple Song Kang-Ho / Kim Ok-vin. Un des points forts du film est d’ailleurs le lien entre les deux personnages principaux qui ne cessera d’évoluer tout au long de leur histoire.

Park Chan-Wook dépoussière le mythe des vampires en ous montrant une histoire beaucoup plus humaine avec un prêtre qui profitera de ses nouveaux pouvoirs tout en leur résistant avant de le regretter amèrement. Cette attirance et ce rejet de ces nouveaux pouvoirs trouveront un nouvel élan avec Tae-Joo qui aura une vision tout autre. Contrairement à beaucoup d’autres histoires de vampires le film reste centré sur la relation entre les deux protagonistes en délaissant quelque peu de nombreux clichés. Les scènes de sexe sont plutôt nombreuses et ont pour but d’amplifier la fusion entre les deux personnages. D’ailleurs, je ne m’attendais pas à voir autant de sexe dans ce film, mais celle-ci ne sont pas gratuite et elles ont leurs utilités dans le récit.

Le fait que le personnage principal Sang-Hyun soit un prêtre amplifie le changement opéré par sa transformation. En effet, un prêtre est le symbole de la pureté, du rejet des diverses formes de pêchés s’impliquant fortement dans l’aide à autrui et l’accompagnement dans la mort. Après sa transformation il abandonnera son rôle de prêtre et toutes ses convictions voleront en éclat au contact de sa nouvelle soif de sang. La vision du vampire de Park Chan-Wook est d’ailleurs très intéressante, car elle nous montre un vampire ampli par le chagrin et le regret. Il est également crédule et facilement manipulable.

Tae-Joo joue un rôle très important dans cette histoire,

car elle représente à plusieurs reprises la tentation pour Sang-Hyun. Elle influera directement les actions du prêtre. Sa tristesse et son désespoir n’hésiteront pas à lui faire franchir les limites pour découvrir une nouvelle vie qui la changera du tout au tout. Kim Ok-vin réalise dans ce film une magnifique prestation volant même facilement la vedette à Song Kang-Ho. Elle incarne à la perfection la tristesse, la mélancolie, la folie …

La dernière demi-heure du film nous montre une actrice littéralement habitée par son rôle ! Je tiens vraiment à saluer cette prestation qui donne vraiment du relief au film. Il n’y a qu’a voir la folie sur son visage dans le couloir immaculé de blanc de la fin du film pour comprendre. Elle est de plus charmante et sexy dans son rôle de femme fragile puis prédatrice implacable.

La réalisation de Park Chan-Wook est également au rendez-vous avec des mouvements de caméra vraiment intéressants et une utilisation de filtre très réussi. J’ai beaucoup aimé les déplacements très gracieux des vampires. Bien sûr certains spectateurs pourront être déstabilisés par moment par certains éléments humoristiques (les apparitions de Kang-Woo, la façon de boire le sang …) ou certaines images-chocs. Le mélange des genres est pltôt bien réussis par Park Chan-Wook. Les gerbes de sang sont légions et le réalisateur nous montre tout ça, peu de chose se passe hors champ. Mais pour les initiés au cinéma de Park Chan-Wook ce film restera un régal à partir du moment ou l’on passe la première partie du film.

Thirst, ceci est mon sang le film Coréen

  • Titre : Thirst, ceci est mon sang
  • Date de sortie : 30 Septembre 2009
  • Réalisé par Park Chan-wook
  • Avec Song Kang-Ho, Kim Ok-vin, Kim Hae-Sook
  • Film sud-coréen.
  • Genre : Drame, Thriller
  • Durée : 2h 13min
  • Titre original : Bak-Jwi

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