Critique du film Marvel The Avengers

Synopsis : Lorsque Nick Fury, le directeur du S.H.I.E.L.D., l’organisation qui préserve la paix au plan mondial, cherche à former une équipe de choc pour empêcher la destruction du monde, Iron Man, Hulk, Thor, Captain America, Hawkeye et Black Widow répondent présents. Les Avengers ont beau constituer la plus fantastique des équipes, il leur reste encore à apprendre à travailler ensemble, et non les uns contre les autres, d’autant que le redoutable Loki a réussi à accéder au Cube Cosmique et à son pouvoir illimité

Le film Marvel The Avengers

[amazon_link asins=’B00649LT06,B00WGV0CH2,B00FAT84AO’ template=’ProductCarousel’ store=’clapmovie0e-21′ marketplace=’FR’ link_id=’a3088674-6339-11e7-9d1c-b751cb75ac52′]

Avant tout de chose, le vrai gros problème de The Avengers est le choix mercantile de gonfler le travail de Joss Whedon dans une 3D non seulement dégueulasse, mais qui fout en l’air le découpage pensé par le réalisateur. La force spectaculaire du film s’en trouve, alors, réellement amoindri. On a mal au crane et l’action est difficilement lisible. Une chose est sûr, The Avengers 3D est un objet à fuir.

Le film, pourtant, est loin d’être sans intérêt, c’est là une belle victoire pour Joss Whedon vu l’attente folle que suscitait ce projet un peu fou: réunir quatre supers-héros ayant déjà eu les honneurs du grand écran. Si avec l’adaptation de Hulk par Ang Lee les choses avaient bien commencées; les personnages, amenés à s’unir sous la bannière des Avengers, n’ont pas forcement connus la réussite artistique. Là où Ang Lee poussait l’adaptation du comics vers une dimension métaphysique appréciable tout en faisant reculer les limites du plan (rejoignant la logique des codes modernes de mise en case des comics), les suites et autres adaptations des aventures des futurs Avengers étaient plutôt décevantes. Soit la matière de base est considéré par le réalisateur comme un simple divertissement, comme Jon Favreau et ses Iron Man sympathiques, soit les comics sont perçus comme de la sous littérature sans intérêt face à l’immense William Shakespeare comme ce fut le cas avec le catastrophique Thor de Kenneth Brannagh. Quant à Captain America, sa chance est d’avoir rencontré le très bon technicien Joe Johnston, qui adopte un style premier degrés qui sied bien au personnage. Bref, les Avengers avaient plutôt l’air de bras cassés quand Josh Whedon c’est attelé au projet.

Si le projet pouvait nous effrayer, la présence du geek Whedon aux manettes ne pouvait que rassurer. Assez à l’aise a l’écriture (Alien 4Toy StoryThe Avengers est sa seconde réalisation au cinéma après Serenity. Son univers a par contre marqué l’histoire des séries avec Dollhouse et surtout Buffy contre les Vampires. Il y a une patte Whedon et pour ses fans l’intérêt des Avengers résidait dans les ambitions du réalisateur d’offrir un pur moment de spectacle parsemé de culture geek et de jolies filles. Sur ces points, c’est une réussite. The Avengers fourmille d’arrières plans rigolos et Whedon se permet même d’allonger un plan inutile rien que pour profiter de la plastique de Scarlett Johanson. Les acteurs étaient attendu au tournant, la plupart reprenant les habits de supers-héros qu’ils incarnaient déjà. L’ambiance sur le tournage devait être excellente, car l’alchimie fonctionne et les palots Chris Evans et Chris Hemsworth s’en tirent même avec les honneurs. Si bien sur Robert Downey Junior est excellent, on applaudit le choix de prendre Mark Ruffalo pour interpréter Hulk. Il donne à Hulk et Bruce Banner une présence bien plus jouissive que ne l’aurait fait Bana ou Norton.

Mais pourquoi ressent-on une frustration en sortant de la salle ?

Sans doute parce Joss Whedon est un enfant de la télé. Comme J.J. Abrams, le passage au grand écran se fait dans la douleur. The Avengers manque cruellement d’ampleur, Whedon est bien trop timoré et se refuse à expérimenter les plans larges qui auraient pu donner des batailles homériques réunissant toute la bande. Le passage de la case au plan ne se fait pas et c’est bien dommage. Il faut attendre la fin du film pour que Joss Whedon abandonne le style téléfilm. Le film aurait pu être également le miroir cinématographique de Fringe, brillante méta-série confrontant deux univers (que l’on peut voir comme une réflexion de Abrams sur les séries et le cinéma), mais Joss Whedon n’en fait rien.

The Avengers réussi, certes, à se hisser au dessus des autres films avec des Avengers, mais il ne peut rivaliser avec le travail de Sam Raimi ou celui de Brian Singer. Bref The Avengers n’a peut-être pas à rougir de ses qualités, mais souffre d’un excès de modestie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *