La Cité Interdite (mars 2007)

Attiré par une bande annonce aguicheuse, je me suis décidé à aller voir cette Cité interdite, nouveau wu xia pan de Zhang Yimou après Hero et Le secret de poignards volants. A vrai dire, j’ai été plutôt déçu même si le film se laisse bien regarder notamment grâce à ses qualités plastiques (même si tout cela peut apparaître très tape à l’œil et boursouflé) et à la splendide Gong Li. Le film fonctionne sur l’opposition de l’opulence de surface et de la décomposition politique de l’intérieur. Les décors et costumes privilégient les couleurs or et argent (qui s’opposent d’ailleurs au noir de l’armée impériale, noir qui symbolise un ordre autoritaire et corrompu). Les nuances sont fortes, la luminosité semble pousser au maximum et le tout pourra, éventuellement, lasser si l’on ne goûte guère profusion des détails et esthétique baroque et foisonnante.

La Cité Interdite manque d’équilibre et de scènes de combat

L’histoire se fonde pour sa majeure partie sur les intrigues de cours, opposant le Roi (ou plutôt l’empereur) à l’impératrice (Gong Li, superbe, mais je l’ai déjà dit…). Les trois fils se rangent alors d’un côté ou de l’autre. On pourrait d’ailleurs gloser à loisir sur la famille impériale comme organisme pourri, gangrené (inceste, mensonge etc)… Le but de la manœuvre est bien évidemment de renverser l’ordre établi mais cette tentative s’avèrera un échec cruel. On pourrait d’ailleurs y lire un écho possible à la Chine actuelle : toutes les forces dissidentes sont vaincues ou étouffées et il s’agit alors de garder la surface lisse (extraordinaire scène finale où l’on s’affaire pour nettoyer la cours de la cité, pour effacer les traces de sang et de la bataille), de gommer ce qui aurait pu perturber l’équilibre. Malheureusement, le film me semble manquer d’équilibre : trop d’intrigues d’alcôve qui finissent par ennuyer (pas très claires ces intrigues d’ailleurs) et un manque cruel de scènes de combat. Heureusement, la bataille finale est assez impressionnante (les joies du numérique sont aussi celles d’une multiplication des acteurs et d’un pas en avant vers le gigantesque) mais c’est au final assez peu, du moins, est-ce là mon avis…

Quelques scènes de grande qualité viennent sauver le tout et rendent ce film comestible, sans plus… Une nouvelle fois, j’ai l’impression que les films de costumes asiatiques (ou plutôt le genre cape et épée) ne m’intéressent plus trop, du moins dans cette forme qui fait trop souvent le part belle à une simple esthétique de la brillantine (voir l’immonde Wu ji)…

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