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Casino Royale (novembre 2006)

De Martin Campbell. Nouveau départ pour la saga James Bond qui, après les errements brosnaniens, semble effectuer un retour aux sources du mythe. Retour aux sources, Casino Royale l’est pour de multiples raisons : la plus évidente est bien sûr le choix d’adapter le premier roman de Ian Flemming, de réaliser un prequel (à la manière de Batman begins) qui éclairerait l’évolution future (mais dans le temps cinématographique, passée…) de 007.

Casino Royale, retour aux sources

Ainsi, la fameuse phrase « Mon nom est Bond, James Bond » n’ouvre pas le film mais vient bien au contraire le clore, comme pour mieux montrer que ce que nous venons de voir n’était que la formation préliminaire du mythe. Le retour aux sources impliquent un changement d’acteur qui m’a plutôt convaincu : on ne manquera pas de critiquer la blondeur et la carrure testostéronée de Daniel Craig mais ce qui compte, c’est ce qu’il apporte au mythe. Ici, le flegme laisse la place à une force animale, impulsive bien éloignée du calme légendaire de ses prédécesseurs. C’est que James n’est ici qu’au début de l’aventure, qu’un agent en proie aux doutes et qui découvrira progressivement qu’il faut faire le deuil de toute vie privée et amoureuse pour assumer pleinement la fonction (une rencontre éclairera sans doute son rapport futur avec la gent féminine…). L’épaississement psychologique du personnage, la recherche d’une complexité individuelle que le mythe a pu précisément simplifier me semblent les points le plus positifs du film. Bien évidemment, la performance d’acteur est à saluer… Le personnage évolue vers plus de raffinement, vers plus de subtilité : la matière brute qu’il était est polie, affinée et c’est, je crois, ce processus qui est au cœur du film.

Un James Bond plus cérébral, plus acteur que jamais avec Casino Royale

L’autre changement majeur réside dans le refus des gadgets et autres accessoires habituels. Retour à la case course poursuite et aux contacts physiques, très physiques (la scène de tortures fait très mal à la virilité…)… J’ai cru au début du film devoir assister à un déchaînement de scènes d’action (assez haletantes et plutôt bien foutues) mais le scénario (de l’excellent Paul Haggis, scénariste de Million Dollar Baby et de Collision) réussit à recentrer l’action et donc la tension autour d’une table et d’une partie de poker où l’intellect, l’intuition parlent bien plus que les muscles. En ménageant cet espace, le scénariste et le réalisateur évitent la succession des scènes d’action pour privilégier un James Bond plus cérébral (ce qui ne contredit en rien son impulsivité), plus acteur que jamais. Le récit est assez bien construit : la ligne directrice est parfaitement repérable et on appréciera la modernité du projet, où la question des finances frauduleuses a remplacé les intrigues terroristes et autres succédanés de la guerre froide (le retour aux sources n’empêchent donc en rien une inscription du mythe dans l’actuel).

Bref, ce nouveau cru trace une déclinaison originale du mythe et se laisse regarder avec plaisir. Du bon travail !

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