plus belles vaances

Bullitt (1969)

Très bon film policier réalisé par Peter Yates et porté par le charisme de l’immense Steve Mc Queen. Le lieutenant de police Bullitt est chargé par un homme politique de protéger Johnny Ross, gangster dont le témoignage est crucial dans l’optique d’un procès censé servir les ambitions du politicien précité. Le témoin meurt assassiné, commence alors une enquête pour retrouver l’assassin et pour dénouer le fin mot d’une histoire dont la clé nous est d’une certaine manière donnée dés le générique (vous remarquerez que les noms des acteurs sont dédoublés…)…

Bullitt, film d’un policier intègre et idéaliste

Le film doit beaucoup à l’interprétation de Steve Mc Queen : sa désinvolture, son jeu très minimaliste dessinent le portrait d’un policier intègre et donc forcément idéaliste, aux prises avec un monde qui n’est quant à lui que multiplications de compromis et compromissions. Ainsi, dans une très belle séquence qui le confronte à sa bien-aimée, nous comprenons que sa froideur, la distance qu’il prend vis-à-vis de ce monde et du spectacle qu’il propose sont les seules solutions pour composer avec lui et préserver son intégrité. Finalement, c’est sans doute ce rapport entre le personnage et le monde qui l’entoure qui constitue le vrai sujet du film, par delà l’intrigue policière, au demeurant assez traditionnelle…

Bien évidemment, Bullitt doit sa renommée à une course poursuite en voitures qui dure plus de sept minutes et qui trouve peu d’équivalents (on pourrait citer celle de Los Angeles Police Fédérale). Jouant pleinement sur le contraste entre la géométrie urbaine de San Francisco et les courbes des collines environnantes, elle est la séquence la plus impressionnante du film. On citera également la séquence de course poursuite dans l’aéroport ainsi que son dénouement où le cadavre du criminel devient un spectacle pour tous les individus présents, séquence qui décline une nouvelle fois l’idée d’un monde de violence que l’on peut ou pas regarder en face (ainsi Bullitt couvre-t-il le cadavre tandis que le « public » finit par détourner son regard).

L’intrigue se suit avec plaisir, s’articule sur des moments de creux et de pleins, d’enquête et d’action selon un équilibre assez efficace. Un bon film en somme, accompagné d’une jolie partition musicale et parfaitement ancrée dans l’esthétique des années 70 à venir.

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