Borat, leçons culturelles sur l’Amérique pour glorieuse nation Kazakhstan (novembre 2006)

de Larry Charles. Finalement, Borat n’est pas le film auquel je m’attendais, non qu’il m’ait déçu, mais simplement parce qu’il ne correspondait pas réellement à l’image que la critique semblait en donner. Je m’explique ! J’attendais de ce film une critique un peu plus poussée du modèle américain (donc du modèle occidental) à travers un dispositif qui a déjà fait ses preuves : la création d’un personnage fictif (admirablement tenue du début jusqu’à la fin par Sacha Cohen) et sa confrontation à des personnes réelles (même si certaines scènes semblent écrites par avance et en collaboration) permettent de révéler une vérité cachée ou du moins qui jusqu’ici ne se verbalisait pas ou restait implicite.

Borat, des scènes démystificatrices

Or, j’ai trouvé justement qu’à part quelques scènes démystificatrices qui nous montraient précisément que la société qui se donne comme un modèle de civilisation et de culture peut très bien être aussi arriérée que ce Kazakh antisémite et raciste, le film ne prenait pas à bras le corps son sujet. Les scènes potentiellement hilarantes sont vite expédiées : l’entrevue avec les politiciens, avec les féministes, avec le spécialiste en humour auraient gagné à être développées ou du moins mieux amenées… Elles restent souvent très drôles mais je les trouve bien trop rapides ! Dés lors, ce qui, pour ma part, m’a fait aimer le film, c’est bien plutôt son registre pipi caca qui vient heurter tous les types de convenance. En jouant pleinement sur l’image que peut avoir l’étranger (plus particulièrement le pauvre de l’est…) aux yeux des américains, le comique parvient précisément à pointer la bêtise d’une certaine population qui peut ne pas même voir qu’il y a caricature… Le film n’est en rien un brûlot politique mais plutôt un essai sur les limites de l’humour, ou plutôt sur ses conditions de possibilités (car in fine, pourquoi rit-on ? De qui rit-on ? Et pourquoi ?) qui reposent alors sur la connaissance de l’autre qui permettrait alors de rire des clichés et non pas de réagir face aux clichés… En tous cas, c’était assez drôle avec des scènes qui m’ont fait pleurer de rire (celles où Borat revient à table avec son sac de caca, le rassemblement évangélique, l’entrevue avec les féministes, j’adore leur têtes et tout le prologue qui est énorme !).

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