Block Party (septembre 2006)

De Michel Gondry. Le hip hop, c’est mon pote, et encore plus après avoir vu ce sympathique documentaire qui nous donne à voir l’histoire et la réalisation d’un concert organisé à Brooklyn par l’humoriste américain Dave Chapelle. Block Party, c’est un peu un patchwork filmique : d’un côté film sur le concert à proprement parler (avec du beau monde, Dead PrezThe RootsThe Fugees et autres figures mythiques, ambiance old school), d’un autre, film sur la préparation du concert lui-même, documentaire étonnamment anecdotique avec portrait de personnages haut en couleur mais aussi portrait en creux du comique Dave et d’une certaine culture rap, se définissant avant tout dans son opposition au gansta rap et au rnb bien pourri actuel (suivez mon regard). Tout cela se mêle de manière très agréable. Le documentaire est rythmé par une bande son évidemment excellente et servi par un montage que j’ai trouvé assez brillant (raccord sur le son, sur les paroles des chansons, sur des continuités thématiques).

Block party: plaisir, hommage au rythme et à la musicalité des mots

Gondry, cinéaste iconoclaste, inclassable, à l’univers visuel protéiforme, semble avoir délibérément choisi de s’effacer devant le projet et devant le tout puissant Dave, qu’il suit au fil de ses périples et nombreuses blagues (souvent excellentes). Le refus du tout sociologique est aussi à noter : pas de discours (poncifs ?) sur la misère, sur le ghetto etc. même si l’on perçoit parfaitement que le hip hop est ici pensé comme le produit d’une communauté (noire) et d’une classe miséreuse ou défavorisée. Il n’y a à proprement aucun discours surplombant (malgré l’extraordinaire –mais habituelle aux E.U.- présence des références religieuses, t’en veux du Jésus par ci, du Jésus par là, tu en auras spectateur !) mais juste un regard amoureux de l’objet filmé avec un nœud thématique qui traverse les différents éléments qui le compose : plaisir et bonheur de la parole (qu’elle soit chantée ou comique), hommage au rythme et à la musicalité des mots.

Block Party se construit sur une ambiance bon enfant, rieuse, volontiers humaniste et réconciliatrice (si vous voulez, c’est un peu la France sans Sarkonazi…). Le bonheur est communicatif et le hip hop apparaît enfin comme une culture délivrée des clichés came, putes et macs qui lui collent malheureusement à la peau. Et ça, c’est déjà, en soi, très bien, alors, n’hésitez pas, entrez dans la party !!!!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *