La belle et la bête (Masters of horror, Episode 7, ”Deer Woman” Tout est dans le titre!)

De John Landis. Différentes possibilités s’offrent aux réalisateurs des Masters of Horror : ils peuvent s’inscrire très littéralement dans un genre (Le cauchemar de la sorcière), choisir de prolonger leur propre travail cinématographique (voire Carpenter et Dario Argento), créer une version proprement originale (voire le pitoyable épisode de Tobe Hooper) ou s’inscrire dans le genre sur un mode farcesque (l’excellent Joe Dante) ou bouffon. John Landis choisit clairement la dernière solution et travaille sur l’équilibre fragile entre respect et parodie de certains codes génériques. En voyant cet épisode, j’ai eu l’impression de revoir un vieil épisode d’X-Files, mais traité sur le mode comique.

La belle et la bête, liaison entre histoire fantastique et enquête policière

En effet, La belle et la bête lie histoire fantastique et enquête policière (autrement dit le dénouement viendra clore l’enquête mais ne l’expliquera pas) en s’inscrivant dans la légende amérindienne moquée par un personnage d’indien railleur… L’histoire est celle d’une série de meurtres étranges dont l’auteur pourrait être l’incarnation féminine d’une vieille légende indienne… L’enquêteur partage certains traits communs avec Fox Mulder de la série précédemment citée : comme lui, il s’occupe d’une section raillée par ses collègues (ici les animaux), comme lui, il est ostracisé et comme lui, il trouvera seul la vérité en s’ouvrant au discours fantastique… Or, ce discours est gentiment parodié dans une séquence qui m’a beaucoup fait rire : le réalisateur traduit en images l’imagination délirante de l’inspecteur, la répétition d’une même scène (mais des versions et propositions différentes) est hilarante… De même, beaucoup de micro gags ponctuent cet épisode, l’effet comique étant garanti par la placidité et la froideur de l’inspecteur. La thématique du Mal ou de la violence cachés sous une apparence désirable (le corps féminin) est superficiellement traitée (mais là n’était pas l’objet de l’épisode ni même de la série) : on retiendra simplement que l’homme devrait être un peu plus méfiant et savoir mieux regarder… Bref, épisode amusant, très folklorique, par moments kitsch mais qui a au moins cette qualité rare de ne pas se prendre au sérieux…

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