Le film American Psycho de Marry Harron : critique

Christian Bale (Le Prestige,The Machinist), Jared Leto(Lord of War,Requiem For A Dream), Reese Witherspoon(Et si c’était vrai, Détention secrète).

Le scénario du film American Psycho

Patrick Bateman a tout du golden boy averti, il est riche, beau et prospère dans le milieu select de la bourse. Mais il n’est pas seul dans la course et doit faire ses preuves chaque jour : être le plus beau, le mieux habillé, avoir la plus jolie femme,la plus jolie voiture…. voilà ses impératifs et ceux de ses amis. Ainsi, il accumule produits de beauté, séance de pompe, manucure en institut, voitures et vêtements de luxe et les relations avec la haute société tel un cérémonial indispensable à la survie de son espèce. Dans cette homogénéité parfaite, Patrick Bateman cache un terrible secret : c’est un psychopathe.

Mon avis sur le chef d’oeuvre de Marry Harron

Trois mots me viennent à l’esprit en pensant à ce film : jubilatoire, bluffant et dérangeant. Difficile de ne pas parler de l’excellente prestation de Christian Bale encore une fois. Tel un caméléon, il endosse chacun de ses rôles avec brio et maitrise, repoussant les limites physiques, mentales et les règles de la bienséance. Impliqué dans chacun de ses films comme s’il jouait sa vie au sens figuré comme au sens propre, il explore tour à tour des territoires inconnus et nous offre des performances époustouflantes, marquantes.

Il détonne en nous livrant ici un personnage orgueilleux, superficiel, abject et dément.Christian Bale pousse son personnage dans ses retranchements, dans l’absurde. Trois scènes (parmi tant d’autres) qui montrent le talent incontestable de l’acteur : celle où il danse, chante avec sa hache alternant sourire et regard façon Joker avec comme fond sonore le groupe Genesis (importance de la BO et du contexte de l’époque) ; celle où il fait l’amour tout en se regardant dans le miroir en se glorifiant ; et enfin celle où il court tout nu (avec ses baskets sur les pieds quand même) avec la tronçonneuse après la prostituée.

american psycho

Mais également, il donne à Patrick Bateman un double visage à la fois sûr de lui, méprisable, qu’on a envie de détester et à d’autres moments, on le ressent affolé et victime bien malgré lui d’une société perverse et complice. En effet, American Pyscho est à n’en pas douter une critique de la société moderne, du capitalisme américain dénonçant ainsi le matérialisme, l’argent comme source unique de capital suprême. Le film commence -tout comme le livre- avec en voix off celle de Patrick Bateman énonçant les biens qu’il détient comme si ces biens le définissaient lui en tant que personne. Ce film résonne en moi comme une critique virulente de la société contemporaine axée sur l’argent, le superficiel et la compétition illustrée parfaitement par l’épisode de la carte de visite.

En ce qui concerne les meurtres orchestrés par Patrick Bateman selon moi, il imagine les meurtres car il a tous les symptômes de la psychose : narcissisme, déni de la réalité, hallucination, paranoïa, obsessions . Alors qu’est que représente les pseudo meurtres pour lui ? Sa folie m’a fait étrangement pensé à celle d’Edward Norton dans Fight Club comme si cette démence était le résultat d’une société cruelle et dont la violence en était la réponse. D’ailleurs, le film pose également la question de l’identité, qui sommes-nous dans cette société de consommation ? Où est notre place ? Est ce que je suis la voiture de luxe que je possède ?

C’est face à cette problématique que Patrick Bateman tente de lutter puisque on voit bien que Patrick déteste les gens qu’il côtoie mais s’il décidait d’être le vrai Patrick, celui qui aide les clochards , qui prend le temps de regarder les gens autrement serait-il encore considéré comme le riche, le beau et le talentueux Patrick Bateman ? A coup sûr non, il serait le nul, le faible celui qui devra se lever chaque matin pour un salaire de misère;celui dont les restaurants chics,les plus belles filles les plus belles voitures lui seront interdites.

Pour finir,je pense que chacun peut interpréter la fin à sa guise en fonction de son ressenti. Selon moi,c’est un film à voir, à revoir et à placer parmi les films cultes. Par ailleurs, Christian Bale crève l’écran et porte le film du début jusqu’à la fin tel un artiste au sommet de son art.Il est et restera le meilleur acteur de sa génération mais cela concerne seulement mon point de vue. A vous de juger !

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