Allez Rocky Balboa, montre-leur la voie…

Hier, au stade Ernest Wallon, défaite incompréhensible du Stade Toulousain. Le héros est vacillant, en difficulté… Occasion d’une petite histoire de sport fiction, genre cinéma… Genre plus précisément Rocky 3 et 4, où notre grande et belle équipe aurait pris la place de l’étalon italien…

Le Champion du cinéma

Le Stade, Champion d’entre les champions, Champion admiré, Champion envié, Champion jalousé ! Sûr de son fait, il s’embourgeoise, se repose sur ses lauriers, tel Rocky une fois le titre de champion du monde empoché… De belles victoires, la gloire, l’argent. Mais voilà, l’ogre biarrot, le Mister T du Rugby en décide autrement et nous met une sacrée rouste en finale du championnat de France : le Stade voit le titre lui échapper, Rocky la ceinture s’envoler… C’est l’autre qui lève le bouclier, c’est l’autre qui brandit la ceinture, c’est l’autre qui vient faire voler en éclats le vernis des années passées…

On repart comme en quarante, hier, nouvelle défaite, les Galois de Llanelli ont bien retenu la leçon… Le champion est de nouveau KO… L’adversaire exulte, la presse prend acte de ce changement d’époque. Paulie ne croyait plus en Balboa, l’alcoolique à côté de nous n’en finit plus de cracher sur son équipe… Plus les choses changent, plus elles restent les mêmes…

Telle Adrian, le public se met à douter de son amour d’antan, il lâche pour un temps l’objet du désir, comme Adrian, il lui fait mal, le siffle et témoigne de sa crise de foi… Les têtes sont basses, les corps font mal, les hommes doutent. Petite mélodie au piano, l’heure est à l’agonie… Plus personne n’y croit…

L’entrainement

Mais, envers et contre tous, le Champion refuse de mourir ! Novès, Appolo Creed blanc, va remotiver ses troupes… Musique de transition… L’heure est à l’entraînement : de la sueur, du travail physique et du mental, encore du mental, toujours du mental : « T’as pas mal ! J’ai pas mal ! T’as pas mal ! J’ai pas mal ! » Le groupe se resserre : « Allez les gars, faut leur montrer qui c’est les champions ! Faut leur montrer qu’on n’est pas mort ! ». Ils sont désormais les seuls à y croire…

Finie l’époque bourgeoise, vient le temps de la peine et des valeurs ! La musique revient : tan tan… tan tan tan… tan tan tan…. Ça s’entraîne dur, genre Rocky qui gravit les montagnes de l’est, qui court dans la neige, qui revient aux vrais valeurs de son sport : vaillance, abnégation… On entend le grand gourou hurler : « Combat ! Combat ! Combat ». Les regards sont emprunts de souffrance et de détermination, les muscles transpirent, se tendent, se détendent…

Le public, amant volage, revient, les larmes aux yeux, regarde son champion souffrir : « ça passe ou ça casse… Oui, ça passe ou ça casse ! ». Le cœur serré, le ventre noué, le Champion va rentrer dans l’arène survoltée… Souvenez-vous, Rocky 4, Dolph Lundgren : « Je vais te briser ! »… Puis Rocky qui en prend plein la tête, Rocky qui vacille mais souvenez-vous encore… Le héros n’est jamais totalement mort, on ne peut pas tuer le mythe…

Ne m’enterrez pas trop vite semblait dire Rocky après sa déculottée face au teigneux Clubber Lang, face à l’imposant Ivan Drago… Mais un vrai Champion se relève toujours, pressé qu’il est de lever les bras en signe de victoire, pressé de rétablir l’ordre bafoué… Toulouse brisé, Toulouse martyrisé mais Toulouse enfin libéré…

Le cinéma a ceci de réconfortant qu’il peut, le cas échéant, vous fournir de jolis modèles de consolation… Le cinéma a ceci d’extraordinaire qu’il peut, le temps d’un souvenir, vous abstraire d’une triste réalité… Mais le cinéma n’est pas la réalité…

Sport, cinéma, tout est affaire de croyance, alors pourquoi ne pas continuer à y croire ?

 

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