Alice au pays des Merveilles: la critique!

Soyons clairs dès le départ: je n’ai jamais été un grand fan de Tim Burton! son Ed l’épicier aux doigts de béton, bof ; son Jus de Cafard, moui pour les effets visuels rigolos ; Sleepy le Beau? why not mais bon un peu cheap, comme son surestimé Batman (qui ne vaut pas tripette face à celui de Nolan)… reste Mars Attacks, qui, après 3 visions nécessaires pour bien le cerner, est sincèrement sympa. Je passe ses films animés aux chansons parfois trop gavantes (ne me parlez plus de Noël! ni de Jack, Jacques, Jacquot et tout ce qui s’en approche!).

Alice au pays des Merveilles de Tim Burton

Vous savez donc où je me situe avant de vous livrer ma critique. Et s’il me reste des lecteurs, notamment des amateurs de Tim, vous pouvez poursuivre cette lecture…

Non, je ne vous dirai pas qu’Alice est loin d’être mon livre de chevet (Koontz et Masterton sont mes véritables compagnons nocturnes), car j’ai déjà perdu assez de lecteurs avec les fans de Burton. Néanmoins, les idées philosophiques développées dans le livre de Lewis – Dodgson – Caroll, de même que la richesse de son univers, lui donnent, à mon sens, tout son cachet.

Ce cachet, je le reconnais volontiers à l’œuvre générale de Tim Burton, aussi surprenantes que ces déclarations pourraient paraître pour certains! Je n’adhère juste pas à ce qu’il en ressort… Mais, têtu et animé par la croyance d’enfin se voir révéler à moi des plaisirs fugacement entraperçus dans chacun de ses films, je suis allé voir Alice avec l’innocence d’un cinéphile nouveau né.

Malheureusement, le bel espoir d’assister à LA grande rencontre entre 2 funambules de la fantaisie a laissé place à la triste réalité d’une banalité affligeante.

Pourtant, tout était réuni pour transcender cet Alice: un monde que tout spectateur connaît en arrivant dans la salle (le chat du Cheshire, le lièvre de Mars, le Chapelier fou dont je reparlerai plus loin), un scénario qui voulait s’affranchir des limites du livre (il se situe 10 ans après), un visuel a priori excellent (et enrichi d’une 3D dont Burton que Burton ne cessait de promouvoir), et un casting au sein duquel un certain Johnny Depp prenait part, avec sa douce folie.

Mais de cette folie, de cette fantaisie attendue, il ne reste pas grand chose!

Pour résumer en quelques mots: Alice est fade, linéaire, sans imagination… à croire que Burton n’a finalement pas osé, se contentant de cet affreux minimum syndical qui donne l’impression d’une réalisation sur commande! Même le grand Johnny Depp et sa capacité à sublimer ses personnages, semble avoir perdu son étincelle. La 3D elle-même n’y croit pas! Les quelques effets semblent tellement gadgets qu’on finit par les subir (certaines personnes enlevaient les lunettes en pleine projection!) et même oublier une certaine beauté des décors (Avatar ne craint néanmoins pas la concurrence à ce niveau).

Pire, l’aventure d’Alice, quand elle n’est pas aussi terne que son personnage principal, reproduit plusieurs passages du livre sous le prétexte de l’oubli avec l’âge (elle re-grandit, re-rapetisse, re-découvre les personnages): clins d’œil ratés? véritable fainéantise scénaristique? ou souhait de rester proche de l’œuvre de Lewis Caroll pour ne pas trop la trahir?? Peu importe, on note surtout qu’on s’ennuie de bout en bout.

S’il ne fallait retenir qu’une bonne (et unique) surprise, c’est le personnage de la reine de cœur: bien interprétée, graphiquement atrocement atrophiée, c’est la seule à bénéficier d’un jeu de répliques à la hauteur de nos attentes! Son vice et les quelques sourires qu’elle nous donne n’efface néanmoins en rien la tristesse d’un film raté.

Vivement une nouvelle rencontre avec Burton, car je veux toujours y croire.

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