A VIF (The Brave One) de Neil Jordan, la critique.

Erica, journaliste, et David, chirurgien, vont se marier. Mais quelle idée de se promener seuls dans Central Park la nuit ? Ils se font agresser. David est tué et Erica dans le coma. Elle se réveille si traumatisée qu’elle achète un pistolet clandestinement. Grand bien lui fait car le soir même elle tombe au beau milieu d’une explication conjugale qui tourne à la fusillade. Mais finalement, la délicate journaliste se débrouille pas mal au tire rapproché sur canaille. Ce qui désoriente l’inspecteur Sean Mercer en charge de l’affaire.

Le film A VIF (The Brave One)

Vous l’avez sans doute lu ou entendu, on reproche à A VIF d’être une sorte de remake « d’Un justicier dans la ville ».
Cela peut effrayer voire dégoûter, mais ceux que ne rebute pas le thème de la vengeance pouvaient se frotter les mains à l’entrée de la salle.
Oui mais voilà, Jodie Foster n’est pas le grand Charles Bronson (on est forcément grand lorsque l’on a été l’un des Sept Magnifiques). D’où, dès le départ, un bavardage sans grand intérêt motivé par l’émission de radio animée par Erica. Cette dernière est une journaliste qui « capte » les bruits de la ville de New York. Malheureusement, cela ne marche pas à l’écran comme ne marche pas à peu près tout dans ce film.

Jodie Foster, habillée comme un sac et coiffée par un criminel, parait d’abord peu crédible aux bras de Naveen Andrews, même s’il a grossi depuis qu’il est sorti de l’île de « Lost ».
Et, surtout, elle est bien frêle pour se mettre à tirer à brûle pourpoint au neuf millimètres en faisant mouche à chaque fois ; et d’une seule main, s’il vous plaît ! L’effet de recul ? non ? bon…
Et les invraisemblances se multiplient tout au long des deux heures. Le chef mafieux se promène la nuit sans garde de corps dans des immeubles déserts. Bien entendu aucune caméra dans le métro d’une petite ville comme New York.…

On aurait aimé un film d’ambiance mais le couple de flics copains, costauds et vanneurs n’emballe pas (il faut les voir rester comme deux ronds de flanc en se demandant ce qui a pu arriver à la cassette VHS de vidéo surveillance d’un magasin où s’est déroulé un crime). Les scénaristes (les producteurs ?) nous imposent, en outre, une historiette d’amour qui finit entre l’inspecteur Mercer et son ex épouse et une autre qui commence, sans convaincre le moins du monde.

Bon, il y a bien un effort pour décrire le traumatisme de la victime d’une agression et sa peur même de sortir de chez elle. De même, ce qu’on imagine être le manque d’écoute de la police et son côté grosse administration impersonnelle sont plutôt bien rendus. Il y a bien aussi une tentative de donner de la densité au personnage d’Erica en la soumettant à la tentation de la culpabilité et de l’auto-dénonciation mais on n’écrit pas « Crime et Châtiment » tous les quatre week-ends.

Et pour boucler la boucle de cette critique, la beauté épique de la quête de Bronson venait aussi qu’il était seul contre tous sans accointance policière. Et présentement, hélas… Enfin, bref, rien d’emballant et si vous voulez vraiment voir Jodie Foster tenant un flingue dans la pénombre, repasser vous plutôt un DVD du « Silence des Agneaux ».

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