99 Francs, la critique du film

Octave est publicitaire. Plongée dans son monde mélangeant coke, superficialité, slogan publicitaire et fête. La critique du très attendu film de Jan Kounen. Fréderic Beigbeder fait désormais parti des visages connus du PAF. Régulier sur Canal+ et Paris Première, il doit beaucoup de sa carrière télévisée au succès de son livre 99 francs (plus de 500.000 exemplaires vendus). Pas étonnant donc, de voir apparaitre aujourd’hui une adaptation d’envergure, au cinéma.

99 Francs de Jean Dujardin

99 francs est un roman semi autobiographique, s’appuyant sur l’expérience de Beigbeder en agence de publicité chez Young & Rubicam. Ici, c’est donc Octave qui va nous raconter sa version, un peu romancée. Un temps confiée à Antoine de Caunes, c’est finalement Jan Kounen, le réalisateur controversé du comicoviolent Dobermann et du hallucinowestern Bluberry, qui a écopé de la réalisation du projet. Une sorte d’épreuve du feu pour un film aussi attendu, et alors que ces deux précédents films n’avaient pas réellement convaincu tout le monde, surtout pour Bluberry.

Après coup, le choix semble évident, et on en vient même à se demander comment le film aurait pu se faire sans Kounen. Il y apporte toute sa patte déjantée et jusqu’auboutiste, accompagnée d’une bande son ultra calibrée. Il y amène par contre également quelques défauts, assez prévisibles. Très inégal, le film tire parfois en longueurs dans certaines scènes un peu (trop) puériles. Poussant l’aventure de son héros, parfaitement incarné par Jean Dujardin, jusque dans ses derniers retranchements, il perd parfois la niak de la narration pour se faire plaisir inutilement. L’humour rappelle un peu celui de Dobermann (comme le casting d’ailleurs, on en retrouve pas mal), tandis que l’esprit lui, serait plus dans le nihilisme d’un Fight Club d’ado attardé.

7 ans après, le message de 99F a malgré tout bien vieillit, et si le mal-être d’Octave est vraiment intéressant à suivre, sa volonté de dénoncer fera rouler des yeux pas mal de spectateurs. Non pas que le crachat dans la soupe que se permet Beigbeder soit inopportun. Mais il nous convaint finalement que c’est le milieu et les acteurs de ce microcosme qui pose réellement problème. La société de consommation, elle, reste en dehors de cette bulle même si elle est attaquée maladroitement avec un finish qui tombe comme un soufflet raté.

Punchy, moderne, séduisant et drôle, 99 francs, reste un divertissement original qui tappe souvent hors des sentiers battus (combien de conventions cinématographiques sont mises à mal ?). Mais les trop nombreux défauts, notamment au niveau du montage, coupent de ce produit cinématographique toute la puissance dont il aurait besoin pour être efficace.

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