2006, l’heure du bilan!

L’année 2006 touche à sa fin et l’heure du bilan a sonné, occasion rêvée de revenir sur les films qui m’ont le plus marqués et, éventuellement, de vous guider dans vos futurs achats de DVD (Noël approche à grands pas…) car ces derniers sortent six mois seulement après le passage des films dans les salles obscures…

L’heure du bilan

Commençons par le traditionnel classement (un peu factice, je concède!) de mes 10 films préférés de l’année. Sans nul doute, je placerais Le nouveau monde de Terence Malick comme LE film de l’année. Rarement un film a su allier métaphysique et esthétique, ancrage historique et réflexion philosophique avec autant de grâce et de beauté. Poursuivant le sillon ouvert par ses films passés (La ballade sauvageLes moissons du ciel et -je ne m’en remettrai d’ailleurs sans doute jamais !- le phénoménal La ligne Rouge), Malick s’impose comme l’un des plus grands cinéastes en activité. Le vent se lève de Ken Loach arrive ensuite : son classicisme ne cède en rien à la réflexion politique et historique tandis que la capacité du cinéaste à jouer sur différents plans symboliques et narratifs explique sans doute l’aspect profondément actuel de son œuvre. Truman Capote de Bennett Miller mérite largement sa place sur le podium. La performance de Philip Seymour Hoffman est renversante et j’avais rarement vu au cinéma une aussi prenante illustration du processus de création littéraire (en ce sens le film raconte plusieurs histoires, celle à la base de la rédaction de De sang froid mais aussi celle de la gestation de l’œuvre). Sa réussite tient alors dans le fait que c’est un film littéraire qui ne l’est précisément que par l’apport de moyens cinématographiques spécifiques.

Films importants

L’ordre qui suit aura assez peu d’importance… Je citerai ainsi Munich de Spielberg que j’ai trouvé véritablement passionnant. La maestria du réalisateur s’accompagne d’une réflexion réaliste, désabusée (et surtout pas partisane) sur les engrenages et les impasses du terrorisme. N’en déplaisent aux anti-américains primaires (tiens prends ça dans ta face Utopia !), Spielberg est bien un grand monsieur qui, depuis quelques films, ne se contente plus de divertir… Lord of war d’Andrew Niccol fait sans doute partie des meilleurs films de l’année : équilibre réussi entre cynisme et exercice de prise de conscience, il exploite pleinement les possibilités offertes par le choix du point de vue d’un salaud sans doute irrécupérable. Citons également Jarhead de Sam Mendes qui me semble la première réelle tentative de représenter la guerre moderne au cinéma : prenant acte de la péremption et de l’inadaptation de certains modèles guerriers (entre autres cinématographiques), le film devient une variation beckettienne sur l’attente d’un événement qui n’arrivera jamais ou qui n’adviendra que sur le mode de la déception. Enfin, impossible de ne pas citer Mémoires de nos pères du géant Clint Eastwood, réflexion complexe sur la construction et la valeur de l’héroïsme et le récent Les infiltrés du non moins géant Martin Scorsese. Pour achever ce top ten, deux coups de cœur. Babel d’Inarritu qui sait imposer cinématographiquement sa vision du monde et utiliser de manière signifiante le principe du film choral. Enfin, Wassup Rockers de Larry Clark (cinéaste qui m’était jusque là totalement inconnu), peinture douce amère d’une bande de skaters latinos que la société (ou plutôt les groups sociaux qui la composent) peine à intégrer ou à respecter.

Cinéma asiatique

Le cinéma asiatique a quant à lui livré quelques bons crus. The host, film de monstre complexe et multigénérique, confirme la qualité de Bong Joon-Ho. Le dernier Kitano, (un de mes cinéastes cultes), Takeshi’s, m’a quelque peu déçu : à trop jouer la carte de l’expérimentation et de l’expérimental, il me semble s’être quelque peu perdu dans un film-concept qui n’a plus la profondeur humaine et la qualité plastique de ses films précédents. Notons également deux films chinois, qui ont pour points communs de réfléchir sur les rapports entre Chine rurale et Chine urbaine, sur les conséquences du capitalisme et du libéralisme sur les structures sociales chinoises traditionnelles. Voiture de luxe et l’excellent Shanghai Dreams : deux films poignants et émouvants.Pour le cinéma français, je m’en tiendrai à la comédie OSS 117 que j’ai trouvé excellente grâce à un équilibre précieux entre littéralité et parodie. Mais vous n’êtes pas sans savoir que le cinéma français est loin d’être ma tasse de thé.

Film public

Poursuivons. Quelques films de genre ou grand public améliorés : Mission Impossible 3, passage réussi du génial J.J.Abrams au cinéma pour un volet haletant, feuilletonesque et vraisemblablement influencé par la pratique et l’écriture télévisuelles de son réalisateur. En gros, le mariage parfait de la télévision et du cinéma. Pour les films d’épouvante : je vous conseille La colline a des yeux d’Alexandre Aja (remake supérieur à l’original) et le très drôle et original Bubba Ho-Tep. Pour ce qui est des films d’animation : je retiendrais Cars de Lasseter, exercice de nostalgie sur l’Amérique d’antan et sa mythologie, contradiction idéale pour les crétins incapables de penser qu’un film pour enfants peut aussi s’adresser à l’adulte…

Bien évidemment, comme tout bon bilan, il faut citer les bides et les films qu’on aimerait voir disparaître, passons sur la merde absolue que constitue le Da Vinci Code. Parlons plutôt de Tideland, horreur cinématographique d’une laideur à pleurer et qui confirme que Gilliam a peut-être tout de l’imposteur, incapable de rénover son langage ou du moins d’en décliner les parti-pris. Autre ratage : Wu Ji, premier blockbuster chinois, très moche, à l’histoire inintéressante et à l’esthétique de pacotille. Les déclinaisons type Tigre et dragon ont sans doute fait leur temps… Enfin, deux autre déceptions : Scoop de Woody Allen et Le Dahlia Noir de Brian De Palma, adaptation assez superficielle (superficialité qui n’en demeure pas moins un parti pris esthétique…) du monument de James Ellroy…

Voilà donc ce que j’ai retenu de cette année… A vous de compléter si le cœur vous en dit !

 

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