22 Yuans

Du Jie, encore jeune réalisateur débutant, a bien entendu fait ses premières armes avec des courts métrages comme 22 Yuans, son deuxième de l’année 2001 avec Hot Summer.

La trame est toute simple : le spectateur se place la plupart du temps en vue subjective d’un chauffeur de taxi qui croise sur sa route une jeune auto-stoppeuse.
Il décide de la prendre dans sa voiture et commence à voir qu’elle essaye de lui faire du charme.
Sceptique au départ, le chauffeur se laisse finalement faire jusqu’à effleurer le long de ses cuisses et imaginer des rêves phalliques où les deux occupants de la voiture serait à l’origine de la moiteur et autre buée des vitres du taxi.

Le film 22 Yuans

Seulement tut s’enchaîne rapidement, ses rêves se dissipent car la jeune femme doit descendre. Le chauffeur lui rappelle le coût de cette course : 22 yuans. C’est à ce moment que la passagère lui rétorque un argument semblant compenser ce paiement, et prend directement la poudre d’escampette… Avec 22 Yuans Du Jie s’essaye à la métaphore et aux enjeux techniques de la réalisation. Ces derniers se ressentent tout au long de cet essai cinématographique puisqu’il s’impose d’emblée une vision monochrome noir et blanc. Pourtant le jeune cinéaste s’extirpera de ce rendu au moment où le chauffeur rêve de faire l’amour avec sa passagère. Soudain, la couleur reprend ses droits ainsi qu’une dérive comique inefficace. Du Jie montre bien sa volonté à tester certains procédés afin de certainement les exploiter le jour où il réalisera un long métrage.

Mais ce n’est pas tout car le court métrage est privé de son jusqu’à l’arrêt de l’auto-stoppeuse où lecompteur dévoile les 22 yuans à payer. Le titre du court métrage est donc étroitement en relation avec cet avènement sonore même si on ne comprend pas très bien la volonté de l’auteur mis à part l’originalité ou peut être soulever un parallèle avec la tarification d’un acte sexuel. Au final ce court tourné en DV donne un aperçu de l’émergence d’une technique et d’un perfectionnement chez Du Jie sans pour autant être totalement désintéressant. En effet, le turnover final nous révèle l’identité de cette fille et poussera certainement le cinéphile à se poser de nombreuses questions sur des réflexions proches de celles du cinéaste Cui Zi’en (崔子恩).

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