lundi 26 janvier 2009

Ronde de Flics a Pekin (民警故事)

Ronde de Flics à Pékin de Ning Ying, 1995
Avec Wang Liangui Li Zhanho Zhiming Zhao

Hiver.1994. L'année du Chien. Deux policiers pékinois parcourent un quartier à bicyclette. Alors que le plus jeune croit à l'image d'une police moderne, son formateur et collègue va lui apprendre que le rôle du policier chinois et de s'occuper de tous les problèmes des gens, des couples qui ne s'entendent plus aux chiens abandonnées...Dans le même temps, le jeune officier oublie de prendre du temps avec sa famille.

Avec ce long métrage, Ning Ying (宁瀛) signe le deuxième épisode de sa trilogie sur la ville de Pékin. Après « Jouer pour le plaisir » (找乐), Ronde de flics à Pékin (民警故事) est un formidable témoignage de la vie pékinoise dans ces rues entre hutongs, bitumes, et grandes places publiques.
Par le prisme de la police, la réalisatrice de Perpetual Motion (无穷动) nous ouvre les portes du quotidien de la capitale.

Les policiers, loin de la représentation répressive actuelle d'aujourd'hui, sont alors de véritables médiateurs, agent social dont jeune Wang, principal protagoniste du long métrage, va devenir au cours d'une formation sur le terrain au plus près du peuple. Un chien sème la terreur dans le quartier ? La police s'en occupe. Un misérable mingong gagne sa vie par des jeux d'argents ? La police s'en occupe. Une discorde entre un époux et sa femme ? La police s'en occupe. Ces exemples disparates sont devenus au milieu des années 90 le quotidien de toute brigade de police. De surcroît, les comités de quartier composés de quelques retraités sans occupations, deviennent les rapporteurs, les indicateurs de la police, assurant un rôle essentiel dans la préservation du climat social chinois.

Wang, dont la vie de famille est difficile avec ses horaires décalés, doit encore rire des enseignements du corps de la police qui lui apprend comment maîtriser un malfaiteur alors qu'il est face à des situations en décalage avec ceci.

Affecté à un quartier, le jeune policier assimile sa relation particulière qu'il doit avoir avec la population et la réalisatrice tisse de nombreuses rencontres à ses regards si précieux sur sa ville de prédilection, Pékin, où le développement passe par la destruction, par la carte « territoriale » d'identité (le hukou) pour mieux contrôler les flux de migrations régionaux, où les femmes tiennent une place peu importante dans l'organisation de la société.

Tous ces éléments de la vie courante sont encore entremêlés avec talent par la cinéaste à des moments humoristiques permettant de fluidifier la réflexion, de décanter l'obsession chinoise de devoir laver son linge sale en famille, et d'offrir au cinéma, une parenthèse documentariste. Une ronde de flics à Pékin est donc un long métrage très enrichissant pour sa capture d'un quotidien, aujourd'hui disparu, et d'un système policier, pilier du bonheur social chinois.

À voir absolument.

Damien Paccellieri

Publié par damien à 10:52

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